Généalogie Dubuc-Landry

Une histoire de familles

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 #   Notes   Lié à 
1751 Inhumé dans le caveau de la famille de la chapelle St-Louis. Harwood, François-Albert (I21995)
 
1752 Inhumé dans le caveau du séminaire.
Registre Notre0Dame de Québec. 
Bédard, Paul Ambroise (I34873)
 
1753 Inhumé dans le caveau. Godard, Chanoine Michel Ptre (I21765)
 
1754 Inhumé dans le choeur de l'église. Arsenault, Gabriel (I34870)
 
1755 Inhumé dans le choeur de l'église. Lefebvre, Gervais (I34917)
 
1756 Inhumé dans le choeur, du côté de l'Évangile. Gauvreau, Ferdinand Ptre (I21380)
 
1757 Inhumé dans le chœur de l'église. Pinguet, Jean (I34878)
 
1758 Inhumé dans le cimetière de la Pointe-Olivier et a reçu les sacrements

'''Source:
Programme de Recherche sur l'Émigration des Français En Nouvelle-France'''
'''René Barrière et ses descendants québécois, 1978'''

'''René BARRIÈRE / LANGEVIN'''

Statut Marié
Date de baptême 09-06-1702
Lieu d'origine Longué (Notre-Dame), auj. Longué-Jumelles (Maine-et-Loire) 49180
Parents Joseph BARRIÈRE et Catherine Béranger
Métier du père Maître cordonnier
Première mention au pays 1728
Occupation à l'arrivée '''Migrant'''
Date de mariage 25-08-1728
Lieu du mariage Chambly
Conjoint Marie-Françoise Gareau
Décès ou inhumation Pointe-Olivier (St-Mathias), 04-10-1783
Remarques Une soeur Marie Barrière est née et baptisée le 11-05-1690 à Longué (Notre-Dame).
Identification* DGFQ, p. 53
Chercheur(s) Jean-Marie Germe ; Jacques Saillot
Référence* AGCF, no 7, 1998, p. 5
Date de modification 2013-02-19

'''Source: Fichier Origine''' 
Barrière/Langevin, René (I812)
 
1759 Inhumé dans le cimetière des picotés Samson, Jacques (I34843)
 
1760 Inhumé dans le cimtière paroissial. Auger, Benjamin (I905)
 
1761 Inhumé dans le coeur de l'église. Gravel, Isidore (I34177)
 
1762 Inhumé dans le sanctuaire de l'église. Lajus, René Flavien Ptre (I22741)
 
1763 Inhumé dans le sanctuaire de l'église. Létang, Théodore Ptre (I23324)
 
1764 Inhumé dans le sanctuaire, du côté de l'Évangile. Hot, Charles Ptre (I22771)
 
1765 Inhumé dans les caveaux de l'église paroissiale. Blyth, Etienne Ptre (I23333)
 
1766 Inhumé sous le marchepied du maître-autel du côté de l'Épitre. Provençal, Chanoine Joseph André Ptre (I23520)
 
1767 Inhumé sous le nom de William-Bingham dans le caveau de la famille. Harwood, Guillaume-Bingham (I21997)
 
1768 Inhumée à Saint-Roch-des-Aulnaies (acte au registre de Sainte-Anne-de-la-Pocatière). Boucher, Geneviève (I7814)
 
1769 Inhumée dans l'église coté épitre le 5 octobre 1829. Pilon, Marie-Louise (I29135)
 
1770 Inhumée dans l'église. Cloutier, Elisabeth Ursule (I8248)
 
1771 Inhumée dans l'église. Douville/Lamontagne, Charlotte (I32898)
 
1772 Inhumée dans l'église. Sicard, Marie Angélique (I32984)
 
1773 Inhumée dans l'église. Plante, Josephte (I34337)
 
1774 Inhumée dans l'église. Hausmann/Ménagé, Josephte (I7784)
 
1775 Inhumée dans l'église. Bourassa, Félicité (I12610)
 
1776 Inhumée dans le caveau de l'église.
Témoin - François Dubuc
Témoin - Julien Dubuc
Officiant religieux - A. D. Limoges Ptre 
Barré, Marie Anne (I1603)
 
1777 Inhumée dans le caveau de l'église. Harwood, Elizabeth (I21993)
 
1778 Inhumée dans le caveau de la famille de la chapelle St-Louis. Harwood, Julie Christine (I21994)
 
1779 Inhumée dans le caveau de la famille de la chapelle St-Louis. Harwood, Marie-Antoinette Charles (I11952)
 
1780 Inhumée le 4 février à Ste-Madeleine, Rigaud, Vaudreuil, sous le nom de Josèphe Ladouceur, 85 ans, de Rigaud, épouse d’Étienne Brabant, agriculteur. Lamadeleine/Ladouceur, Josèphe (I15382)
 
1781 Irlandais de Pokemouche

Marié par Ph. Aug. Parent Ptre Miss.
Témoins:
Jacques Poor, ami de l'époux
Louis Vienneau, ami de l'épouse 
Gubbins, William (I14749)
 
1782 Isaac dit Etienne au mariage de son fils Charles. Paquet, Isaac Etienne (I21309)
 
1783 J. A. Moreau, Ptre Curé Famille: Joseph Drolet / Olivine St-Martin (F7887)
 
1784 Jacques Bourgeois est né en France vers l'année 1619. En 1641, il arrive en terre d'Amérique sur le navire "Le Saint-François". Il occupe alors la fonction de chirurgien. En 1643, il épouse Jeanne Trahan, fille de Guillaume Trahan et de Françoise Corbineau. Ils s'établissent à Port-Royal.

Il ont un fils, Charles, vers l'année 1646. Ce dernier se maria vers 1668 avec Anne Dugas, fille d'Abraham Duvas et de Marguerite Doucet.

En 1672, Jacques envoya des colons afin de créer une implantation à Beaubassin. Charles Bourgeois et sa femme Anne allèrent s'y installer. Ils eurent eux-mêmes un fils, en 1672, qu'ils prénommèrent également Charles.

C'est de l'ancêtre Jacques que proviennent donc tous les Bourgeois qui peuplent aujourd'hui l'Acadie.

Source: La Société historique acadienne. 
Bourgeois, Pionnier Jacques (I420)
 
1785 Jacques Hertel de La Fresnière, soldat, interprète et colon, père du célèbre François Hertel, né à Fécamp, Normandie de Nicolas Hertel et de Jeanne Miriot, décédé à Trois-Rivières le 10 août 1651. Il est probable, bien qu'on n'en a aucune preuve écrite, qu'il soit arrivé au pays vers 1626, comme soldat. Il passe chez les Algonquins les années de l'occupation de Québec par les Kirke. Sans doute pour le récompenser des bonnes relations qu'il a entretenues avec les Indiens, la Compagnie des Cent-Associés lui accorde, par un titre daté de Paris le 16 décembre 1633, une étendue de terre de 200 arpents à Trois-Rivières; il en est avec Jean Godefroy de Lintot le premier habitant, dès avant la fondation officielle de ce poste. Hertel sert d'interprète aux Jésuites auprès des Indiens et est syndic des habitants en 1647. Il meurt dans la force de l'âge, accidentellement, croit-on, le 10 août 1651. Il épouse le 23 août 1641 Marie Marguerie, soeur de l'interprète, de qui il a trois enfants : François, surnommé le "héros trifluvien", qui est baptisé par le père de Brébeuf le 3 juillet 1642 et dont le parrain est François Marguerie et la marraine Marguerite Couillard, épouse de Jean Nicollet ; Madeleine, née le 2 septembre 1645, qui se marie en 1658 avec Louis Pinard, chirurgien du fort à Trois-Rivières; Marguerite, née le 26 août 1649, qui devient l'épouse de Jean Crevier, seigneur de Saint-François, en 1663. En 1652, Marie Marguerie épouse en secondes noces Quentin Moral de Saint-Quentin.

Source: Douville, Raymond,"Dictionnaire biographique du Canada", vol. 1 
Hertel de La Fresnière, Pionnier Jacques (I2965)
 
1786 Jacques Roussel - (1720-1805) - Originaire d'Evran en Bretagne, il s'embarque en 1749, à Saint-Malo pour la Nouvelle-France. En 1750, il acquiert une terre sur la Côte-du-Sud et épouse Geneviève Bérubé, qui décède en 1766. L'année suivante, Jacques épouse Geneviève-Gabrielle Émond.

Source: Centre de généalogie francophone

Archange Godbout le dit né et baptisé le 25 octobre 1720. Deux de ses frères sont baptisés à Évran, Jean-Robert, le 07 juin 1721 et René-Yves, le 11 juillet 1723.

Source: Fichier Origine 
Roussel, Jacques (I8503)
 
1787 Jean Brochu - (1640-1714) - Fils de Louis Brochu et de Louise Guichet, il voit le jour en 1640 en Vendée. Il arrive en Nouvelle-France en 1660 ou 1661. Il s'établit à l'île d'Orléans, dans les paroisses actuelles de Saint-Laurent et de Saint-Jean. Il épouse Nicole Saunier en 1669 et décède en 1705 à Saint-Jean. Son épouse meurt en 1714.

Source: Centre de généalogie francophone d'Amérique

Son père a été inhumé à Montaigu, paroisse Saint-Jean le 21 avril 1683. Son père épouse en secondes noces Renée Micheau, inhumée à Montaigu, paroisse Saint-Jean le 11 septembre 1645.

Source: Fichier Origine

Année estimée d'arrivée : 1666
Situation familiale : Célibataire
Première mention en Nouvelle-France : 22 décembre 1666 à Québec, marché de vente
Sur l'acte de baptême de l'émigrant, le prénom de sa mère semble être Louyse alors qu'ensuite on la nomme Renée.
Jean et Nicole ont eu 4 enfants.

Source: PREFEN - Programme de Recherche sur l'Émigration des Français En Nouvelle-France 
Brochu, Jean (I9407)
 
1788 Jean Chénier né vers 1621 à Selle-en-Saintonge, France, décédé le 26 mai 1699 à 78 ans à Neuville. Il était maitre charpentier. Il arrive à Québec vers 1648. Marié le 23 octobre 1651 à Québec à Jacqueline Sedilot née et baptisée le 21 décembre 1637 à Québec, son parrain : Antoine Paradis et sa marraine : Jacqueline Petit, décédée le 23 août 1667 à 30 ans à Côte Sainte-Geneviève, fille de Louis Sedilot (jardinier) et de Marie Grimoult. Ils ont eu 7 enfants : Jean, Marie, Marguerite-Angélique, François, François-Joseph, Adrien et Anne. 2e Mariage le 23 août 1667 contrat du notaire Duquette à Lachenay, Québec à Marie Greslau (Grusseau) née vers 1641 à Lusignan, Vienne, France, décédée le 8 septembre 1712 à 71 ans à Neuville, fille d’Hilaire Greslau et de Lucrèce Desbouts. Ils ont eu 2 enfants : Marie et Antoine.

Source: https://1837.qc.ca 
Chenier, Jean (I31655)
 
1789 Jean Furlotte Landry
À Laval, le 1er mai 2014, à l'âge de 91 ans, est décédée Mme Jean Furlotte, mère de feu Roland et épouse de feu Guy Landry.
Elle laisse dans le deuil ses enfants Jo-Ann (Charles Thoun), Marc (Doris), ses petits-enfants Tara, Dana, Colette et Daniel, ses 4 arrière-petits-enfants, sa soeur Irène, neveux et nièces ainsi que d'autres parents et amis.
La famille recevra les condoléances mardi le 6 mai de 14h à 17h et de 19h à 21h et le mercredi 7 mai à compter de 10h aux :

Complexe Funéraire Goyer
147 boul. Arthur-Sauvé
St-Eustache
450 473-5934
Les funérailles auront lieu mercredi 7 mai à 11h en l'Église de St-Théophile (6000 31e avenue, Laval-Ouest, H7R 3N1).
La famille tient à remercier des personnes significatives : Julie, Mona et Paulette ainsi que tout le personnel du CHSLD de Laval, en particulier celui du 2e étage, pour leur accompagnement exemplaire.
Vos marques de sympathies peuvent se traduire par des dons à la Fondation de l'Hôpital pour enfants de Montréal.


Direction des Funérailles
Les résidences funéraires Goyer Ltée
147 boulevard Arthur-Sauvé
St-Eustache, Québec
Canada   J7P 2A4
Tél.: 450-473-5934 
Furlotte, Jean (I1734)
 
1790 Jean Guyon Du Buisson, (fils), arpenteur royal, originaire de Mortagne, au Perche, né le 1er août 1619, décédé le 13 janvier 1694.

Arrivé au Canada probablement avec son père en 1634, Jean Guyon épouse à Québec, le 27 novembre 1645, Élisabeth Couillard, fille de Guillaume Couillard, qui lui donnera 12 enfants. C est peut-être sous Jean Bourdon et Martin Boutet, tous deux arpenteurs, qu il devint le premier arpenteur formé au Canada. Il exerçait déjà le 12 avril 1662, avec le titre d arpenteur pour la seigneurie de Notre-Dame-des-Anges. Plus tard (1667), il s intitulera « arpenteur du roi en ce pays ». Il ira finir ses jours à Château-Richer, où il avait obtenu une concession dès 1650.

Source: Dictionnaire biographique du Canada en ligne - Honorius Provost 
Guyon, Sieur du Buisson Jean (I8632)
 
1791 Jean Guyon est né en 1592 à Saint-Aubin de Tourouvre. En 1615, il épouse Mathurine Robin. En 1634, Robert Giffard lui concéde une terre de mille arpents de terre. Il décéde à Beauport en 1663.

Source: Centre de généalogie francophone d'Amérique

Au Perche des Canadiens Français - Brochure éditée par les Pays d'accueil Perche 
Guyon, Sieur du Buisson Jean (I8630)
 
1792 Jean Juchereau de Maur, seigneur, membre du Conseil de la traite et marguillier, baptisé le 31 mars 1592 à Tourouvre (Orne, France), fils de Jean Juchereau et de Jeanne Creste, décédé à Beauport le 7 février 1672.

Jean Juchereau et son épouse, Marie Langlois, vécurent, après 1628, à La Ferté-Vidame où leurs plus jeunes enfants sont nés. En 1634, la famille Juchereau passa en Nouvelle-France. Juchereau était un ami et un collaborateur de Robert Giffard, avec qui il fit vraisemblablement la traversée.

Dès le 15 janvier 1635, d'ailleurs, les Cent-Associés lui concédaient l'espace de terre compris entre le cap aux Diamants et le vallon du Cap-Rouge. Toutefois, le gouverneur Huault de Montmagny ayant un peu plus tard jugé préférable de laisser autour de Québec une banlieue qui relèverait de la censive de la compagnie, le fief de Juchereau fut échangé pour une superficie égale de terre située au delà de Cap-Rouge. L'intendant des Cent-Associés, Jean de Lauson (père), prit la peine d'écrire à Juchereau, le 19 mars 1636, pour lui expliquer la nouvelle politique de la compagnie.

En 1647, les possessions territoriales de Juchereau s'accroissaient : le 21 mars, par devant Teuleron, notaire à La Rochelle, Noël Juchereau Des Chatelets achetait, au nom de son frère, le fief de Saint-Michel, propriété de M. de Puiseaux, et, le 18 septembre, le gouverneur concédait à Jean et à Noël Juchereau la seigneurie de Maur où de Saint-Augustin. La concession fut ratifiée par la compagnie le 29 mars 1649, et Jean Juchereau, héritier de son frère décédé depuis peu, fut mis en possession de sa seigneurie le 9 avril 1650.

S'il s'intéressa beaucoup au défrichement et à la colonisation, Juchereau n'en fut pas moins mêlé à la Communauté des Habitants. Un document de 1667 le dit « ci-devant assesseur à la Cour Souveraine de ce pays [Conseil souverain] et conseiller au conseil établi par le Roi pour la direction du commerce et de la traite de ce dit pays ».

Il est évident que, à l'époque où il entra en possession de la seigneurie de Maur, Juchereau était devenu un notable de la colonie: en 1647, 1650 et 1651, il porte le dais aux processions de la Fête-Dieu; en 1651, le 1er janvier, il est parmi les quelques personnalités qui reçoivent des étrennes des Jésuites; en 1656 et 1657, enfin, il est marguillier de l'église paroissiale de Québec. Personnage en vue à Québec et l'un des dirigeants de la Communauté des Habitants, Juchereau fût, avec combien d'autres !, accusé de malversations par l'irascible et excessif Jean Peronne Dumesnil.

Vieillissant et ne jouant plus aucun rôle officiel, Juchereau, à partir de 1663, fut quelques fois choisi par le Conseil souverain où par les parties comme arbitre où curateur d'une succession. En 1668, M. de Prouville de Tracy proposa au roi de l'anoblir avec quelques-uns des principaux habitants du pays. Mais le roi ne donna pas suite à cette suggestion.

Enfin, le 4 janvier 1672, sentant son heure proche, Juchereau signait avec ses héritiers un acte par lequel il cédait sa seigneurie de Maur à son fils aîné, Jean Juchereau de La Ferté.

Son épouse, Marie Langlois, avait été inhumée à Québec le 15 janvier 1661. Quant à Jean Juchereau de Maur, il mourut à Beauport « en l'habitation de M. de Saint-Denys [V. Nicolas Juchereau], son fils », le 7 février 1672.

Source: Dictionnaire biographique du Canada en ligne - André Vachon 
Juchereau, Seigneur de Maur Jean (I12056)
 
1793 Jean Roussin et Madeleine Giguère ont eu 5 enfants dont 5 nés en France.
Année estimée d'arrivée : 1650
Situation familiale : Veuf
Première mention en Nouvelle-France : 27/11/1651 à Québec, mariage de sa fille Madeleine

'''Source: PREFEN - Programme de Recherche sur l'Émigration des Français En Nouvelle-France'''

'''Jean ROUSSIN'''

Statut Marié
Date de baptême 03-10-1597
Lieu d'origine Tourouvre (St-Aubin) (Orne) 61491
Parents Pierre et Jeanne Nyeulle
Date de mariage des parents 04-06-1591
Lieu de mariage des parents Tourouvre (St-Aubin) (Orne) (61491)
Première mention au pays 1650
Occupation à l'arrivée '''Migrant'''
Date de mariage 12-07-1622
Lieu du mariage Tourouvre (St-Aubin) (Orne) 61491
Conjoint Madeleine Giguère
Date de décès Avant le 06-04-1682
Remarques En 1667, il est fermier pour les Jésuites, puis tonnelier. Les actes suivants sont à Tourouve (St-Aubin). Trois soeurs sont baptisées: Catherine, 21-09-1594; Jacqueline, 26-06-1601 et Thienette, 31-08-1604. Cinq enfants sont baptisés: Madeleine (pionnière), le 05-11-1623; Françoise (pionnière), le 14-12-1631; Nicolas (pionnier), le 10-03-1635; François, le 20-09-1639 et Louise (pionnière), le 11-03-1642. Madeleine Giguère (Jean, tissier en drap et Madeleine Viette) est née le 20-06-1605, décédée en France. Jean Roussin a épousé en secondes noces Marie Letard le 28-10-1655 à Québec (Notre-Dame). Ses grands-parents maternels sont Marin Nyeulle et Adrienne Jacquet.
Identification* DGFQ, p. 1015 ; DGFC, vol. 1, p. 531
Chercheur(s) Archange Godbout ; Gilles Barbeau
Référence* OFC, p. 170-171
Copie d'acte AD-61 numérisé
Date de modification 2016-12-11

'''Source: Fichier Origine''' 
Roussin, Jean (I8560)
 
1794 Jean-Baptiste Lagimodière et son épouse Marie-Anne Gaboury sont sans aucun doute deux des personnages les plus marquants de l'histoire de l'Ouest canadien. Le premier couple blanc à s'établir en permanence dans l'Ouest, ils furent témoins des événements qui marquèrent la fin de l'époque de la traite des fourrures et les débuts de la colonisation européenne dans la région de la Rivière-Rouge. Aïeuls, par leur fille Julie, du fondateur du Manitoba, Louis Riel, Jean-Baptiste et Marie-Anne ont laissé une nombreuse descendance qui se compte aujourd'hui dans les milliers, répandue à travers le continent nord-américain et même en Europe.

1778-12-25
Naissance de Jean-Baptiste Lagimonière à Saint-Ours (Québec).

1780-08-15
Naissance de Marie-Anne Gaboury à Maskinongé (Québec).

1800
«Avant son voyage à Maskinongé [automne\hiver 1805], M. Lagimonière avait déjà demeuré quatre ans à cet endroit [Pembina]; il y avait même laissé une indienne qu'il avait gardée pendant son séjour dans ce poste.»

1801-01
Naissance, dans la région de Saint-François-Xavier (Manitoba), d'Antoinette Lagimonière, fille de Jean-Baptiste Lagimonière et de Josette Amérindienne.

1804-1805
Jean-Baptiste Lagimonière hiverne au fort des Prairies.

1805 (automne)
Jean-Baptiste Lagimonière retourne au Bas-Canada et il passe l'hiver à Maskinongé.

1806-04-16
Jean-Baptiste Lajimonière, Joseph Paquin, Michel Genthon dit Dauphinais et Charles Bellegarde signent un "Accord et Convention" devant le notaire F.-X. Dézéry à Berthier:

"Pardevant Les notaires publics De la province Du Bas Canada Résidants a Berthier Comté de Warwick soussignés Furent présents jean Bte. Lagimonière De la paroisse De st. joseph de maskinonge joseph Pakin De la paroisse de ste. Geneviève De Berthier, Michel jenton dit Dauphiné de la paroisse st. joseph de lanoraie et charles Bellegarde de la paroisse st. Antoine de la riviere du loup Les (quels) ont volontairement Reconnus et Confessé Avoir fait Entre Eux conjointement Les conventions qui Ensuivent savoir que Le cinq de mai prochain il se tiendront chacun près a partir De Berthier pour Monter et faire Le voyage Aux pays D'Enhauts Au lieu appellé la Rivière Rouge sans pouvoir Aucun se laisser ni S'engager a Aucun Bourgeois voyageur et se rendre Au lieu D'hyvernement Aux quels lieu chacun pourra s'il Le veut prendre son parti ou Demeurer Ensemble pour faire la chasse et commencer a leur profit. Sera tenu chacun tenu de payer sa côte part de L'achat d'un (canot) de cinq Brasses appellé canots du nort Ainsi que pour ces agrès tel que voile prelat chaudière Ligne Eponges a L'Exception que Ledit charles Bellegarde payera trois quart sur L'achat du canot sans compter sa part des agrès - ledit j. Bte Lagimaunière mettra pour sa part cinq pièces sans comter
Ledit jh Pakin sept pièces, michel jenton dit Dauphiné trois pièces et ledit charles Bellegarde trois pièces sans comter Leurs vivres que chacun sera tenus D'Emporter pour le voyage D'ici Au Sault st marie savoir chacun cinquante Livres de lard, quatre vingt Livres de Biscuit, un Demi minot de pois, a Eux quatre quarantes Livres de sucre du pays et Rendu Au sault chacun d'Eux fournira Aussi sa cotte part pour Les vivres qui leur sera nécessaire pour ce rendre Audit Lieu de L'hyvernement. Bien entendu que dit ci la chacun sera obligé De faire tout Les partage qui sont a faire tant que du canot que les pièces et vires qu'ils Auront.
a été Convenus Entre Les dites parties que ledit jean Bte. Lagimaudiere pourra Emmener sa femme et que sa place sera prise sur le canot. comme Aussi Aucun des dites parties ne pourra abandonner ni laisser sa place pour s'engager ailleur D'ici Audit poste fixé a moins De payer Aux Autres La somme de deux milles livres de vingt coppres et de laisser les pieces et vivres qui seront à lui dans le canot et En tout lieu ou justice sera etabli Les Autres conjointement pourront Le poursuivre En lois pour le payement de ladite somme Car Ainsi & sont convenu Les dites parties sans Lesquelles Les présentes n'eussent été Consentie ni Accordés et pour L'Exécution des presentes Lesdites parties ont Elus leur domicile En leur demeure susdites Aux quels lieux & ------------ promett & obligeant &. Renancant &. fait et passé Audit Berthier maison et demeure de francois piet L'an mil huit cent six le seize avril apres midi et ont Les dites parties declarés ne savoir signer de ce Enquis ont faits Leur marques ordinaires Lecture faite.
sa
jean Bte Lagimaudière
marque
sa
joseph Pakin
marque
sa
Michel Jenton dt. Dauphiné
marque
sa
charles Bellegarde
marque
F.X. Dézéry
n.p

1806-04-21
Mariage de Jean-Baptiste Lagimonière et de Marie-Anne Gaboury à Maskinongé.

1806-05-05
Jean-Baptiste Lagimonière et son épouse Marie-Anne Gaboury, Joseph Paquin, Michel Genthon dit Dauphinais et Charles Bellegarde quittent Berthier à destination de la Rivière-Rouge.

1806 (août)
«"L'entrée du lac Winnipeg était pour la Compagnie du N[ord]-O[uest] une espèce d'entrepôt où les voyageurs des postes de l'ouest et du haut de la rivière Rouge se rendaient chaque printemps pour attendre l'arrivée des canots. [.....] M. et Mme Lagimonière s'embarquèrent sur les canots qui allaient à Pembina, car c'était dans ce poste qu'ils avaient l'intention de passer l'hiver. Les canots, en remontant la rivière, s'arrêtèrent au fort Gibraltar, qui était bâti à l'embouchure de l'Assiniboine, afin d'y déposer des marchandises. Ce comptoir avec celui de la baie d'Hudson bâti un mille plus bas, étaient les seuls établissements le long de la Rivière Rouge, depuis le lac Winnipeg jusqu'à Pembina."»

1806 (août)
«M. Lajimonière planta sa tente dans le voisinage du fort [Pembina] pour attendre la saison de la chasse d'automne »

1806 (automne)
Jean-Baptiste Lagimonière, pour éviter la vengeance de sa première femme contre Marie-Anne, lève sa tente et part pour aller passer l'hiver dans le haut de la rivière Pembina. «À l'automne presque tous les chasseurs se rendaient à cet endroit, qui était le plus favorable pour la chasse au buffle. Cette place portait le nom de Grand-Camp.»

1807 (début janvier)
Jean-Baptiste et Marie-Anne reviennent au poste de Pembina.

1807-01-06
Naissance de la première-née de Jean-Baptiste et de Marie-Anne Lagimonière dans une maison au fort Pembina. Elle reçoit le prénom de Reine par le fait qu'elle naît le jour de la fête des Rois.

1807 (mai)
Départ des Lagimonière pour aller dans la région de la rivière Saskatchewan du Nord. Ils sont accompagnés de Michel Chalifoux, de Louis Paquin et de Charles Bellegarde.
«Tous les trois étaient mariés avec des Indiennes de la tribu des Cris.»

1807 (été)
Un voyageur du nom de Bouvier se joint au groupe. Un soir, lorsqu'ils sont campés sur la grève d'une rivière, près d'un feu, un ours attaque Bouvier. Jean-Baptiste réussit à tuer l'ours mais Bouvier était couvert de blessures. On le conduisit au fort des Prairies où il guérit mais il perdit la vue.

1807 (fin août)
Les Lagimonière arrivent au fort des Prairies (dans la région d'Edmonton).
«Il [Jean-Baptiste] connaissait le bourgeois du Fort, M. Bird, et il obtint pour lui-même et sa femme une place dans le fort pour l'automne et l'hiver. [....] Mme Lajimonière hiverna pendant quatre années consécutives au fort des Prairies. Arrivée à ce poste dans l'automne de 1808 (sic), elle ne retourna à la rivière Rouge qu'au printemps de 1811. Pendant l'hiver, son mari était absent la plus grande partie du temps, pour visiter ses pièges et se procurer des fourrures. Il n'était pas engagé au service des compagnies, il chassait pour son propre compte, et vendait ses pelleteries au fort comme les Indiens. Le printemps, quand le temps des belles fourrures était passé, M. Lajimonière laissait le fort pour aller à la prairie chasser le buffle; sa femme l'accompagnait. Elle montait à cheval, et chevauchait des journées entières à travers les prairies et les bois. Quand son mari trouvait un endroit favorable pour la chasse, il y plantait sa tente et y séjournait quelque temps.»

1808-08-15
Les Lagimonière sont dans les environs de la rivière Bataille. Ils se trouvent tout-à-coup au milieu d'un troupeau de bisons. Le cheval de Marie-Anne se lance dans le troupeau mais Jean-Baptiste parvient à la tirer de danger.
«M. Lagimonière, son compagnon [Charles Bellegarde] et les deux femmes [Marie-Anne et l'épouse Crise de Bellegarde] s'arrêtèrent auprès d'une butte où il y avait du bois, et ce fut là, quelques heures après sa course, que M me Lajimonière donna le jour à son second enfant [Jean-Baptiste], qui fut surnommé Laprairie, parce qu'il était né au milieu de la prairie.»

1808-1809
Les Lagimonière passent l'automne et l'hiver au fort des Prairies.

1809 (printemps)
Un matin, profitant de l'absence de Marie-Anne qui était partie chercher de l'eau, une femme Pied-Noir s'introduit dans le fort, s'empare de «Laprairie» et se sauve avec. Marie-Anne s'en aperçoit, se lance à la poursuite et réussit à rescaper son enfant.

1809 (juin)
Jean-Baptiste et Marie-Anne retournent dans la prairie. Ils faillirent périr aux mains des Sarcis.
«Déjà ils avaient exercé leur barbarie sur les femmes des Canadiens, compagnons de M. Lajimonière. [Bellegarde], Chalifou, Caplette et [Batoche] Letendre étaient mariés à des Crises. Durant l'été de 1809, ils étaient allés faire la traite dans la tribu des Sarcis. Leurs femmes furent massacrées en haine de leur tribu, et les Canadiens n'échappèrent à la mort que par une prompte fuite vers le fort.» Les Lagimonière réussirent à s'évader des Sarcis et après cinq jours de marche ils arrivent au fort des Prairies.
«M me Lajimonière ne retourna pas à la prairie le reste de l'été.»

1810 (printemps)
Les Lagimonière retournent dans la prairie. C'est au cours de ce voyage, qu'en juillet, dans la région de la montagne Cyprès, Marie-Anne met au monde son troisième enfant, une fille surnommée «La Cyprès». Lorsqu'elle est baptisée par l'abbé Provencher en 1818, on lui donne le nom de Marie Josette.

1810 (été)
«Un jour que Mme Lajimonière était avec son mari sous sa tente, des Assiniboines arrivèrent auprès d'eux avec des chevaux, et le chef descendit pour parler à Mme Lajimonière. Elle ne comprenait pas le sauvage; mais le chef, pour lui faire entendre qu'il désirait avoir son enfant âgé de deux ans [Laprairie], prit la corde qui attachait le plus beau de ses chevaux et, la passant autour de la main de Mme Lajimonière, lui fit signe qu'il le lui donnait en échange de son second enfant. Comme on peut bien le penser, Mme Lajimonière le repoussa et lui fit signe que jamais elle ne consentirait à un tel marché. L'[Indien] croyant qu'elle ne se contentait pas d'un cheval, lui en amena un second, puis lui passa encore la corde autour de la main comme la première fois. Elle dit à son mari
"Répète lui donc que je ne vends pas mon enfant et qu'il m'arrachera le coeur avant que je ne consente à me séparer de lui."
"Eh bien!" . dit l'[Indien], "prends le chevaux et un de mes enfants." "Non" , dit-elle, "jamais tu ne me feras consentir à ce marché" ; puis prenant son enfant dans ses bras elle se mit à pleurer. L' [Indien], paraît-il, fut touché de ses larmes, car il cessa d'insister davantage. Il continua sa route avec ses gens et ses chevaux.»

1810-09-28
Sur la rivière Vermillon, à environ 30 milles au nord-est d'Edmonton, Alexander Henry le jeune rencontre deux chasseurs indépendants «freemen» avec leurs familles. C'étaient Lagimodière et Chalifoux qui chassaient le castor.

1811 (printemps)
«Au printemps de 1811, M. Lajimonière ne retourna pas à la prairie. Il avait appris que Lord Selkirk voulait fonder un établissement sur les bords de la rivière Rouge, et que les premiers colons, pour former le noyau de cette colonie, partaient d'Europe ce printemps même. [....] Le dessein de M. Lajimonière était de se fixer d'une manière permanente dans la colonie dès que celle-ci offrirait des moyens de subsistance à ses habitants.»

1811 (été)
«Il [Lagimonière], n'arriva que fort tard dans l'été à l'endroit où s'élève aujourd'hui Winnipeg. [....]
Les colons partis d'Ecosse ne purent se rendre à la rivière Rouge cette année là.»

1812-1815
«La rivalité entre ces deux compagnies [North West et Hudson's Bay] commença sérieusement à l'arrivée des premiers colons, en 1812. [....] Les Canadiens-français et les Métis embrassaient ordinairement la cause de la Compagnie du Nord-Ouest. Les Écossais et les gens d'origine anglaise, ainsi que quelques [Indiens] étaient dévoués à la Baie d'Hudson. M. Lajimonière n'avait jamais été au service d'aucune compagnie; il était resté libre dans le pays, faisant la chasse à son compte et vendant ses pelleteries tantôt à la Compagnie de la Baie d'Hudson, tantôt à la Compagnie du Nord-Ouest. Cependant, après son séjour à la Saskatchewan, où il avait vécu dans les forts de la Baie d'Hudson, il se montra toujours en faveur de cette dernière compagnie.»

1811-1812 (hiver)
La famille Lagimonière passe l'hiver au poste de Pembina. Là, vers le 11 décembre 1811, Marie-Anne donne naissance à un fils, Benjamin.

1812 (printemps)
«Dès que la rivière fut libre, au printemps de 1812, il [Lagimonière] descendit avec sa femme jusqu'au fort Gibraltar à l'embouchure de l'Assiniboine. De là il remonta le cours de cette rivière l'espace d'une douzaine de milles et s'arrèta un plus haut que l'endroit appelé aujourd'hui la paroisse Saint-Charles. [....]
M. Lajimonière se construisit une petite maison en bois brut, sans planchers ni fenêtres, et s'installa dans ce château avec sa famille.»

1812 (juin)
Les colons de Selkirk quittent les bords de la baie d'Hudson où ils avaient passé l'hiver et partent en direction de la Rivière-Rouge. Le premier contingent y arrive le 30 août 1812.

1812-09-04
Miles Macdonell, gouverneur de la colonie, prend officiellement possession du territoire au nom de Selkirk.

1812-09-18 (vendredi)
«Engage Lagimonière to hunt for a twelve month at 30 £ wages and an equipment of clothes.»

1812 (octobre)
Le deuxième contingent des colons de Selkirk arrive à la Rivière-Rouge. Ils se rendent directement à Pembina.

1813
Naissance d'Apolline (Pauline) Lagimonière.

1813-02-13
«Not a morsel to give our people; borrowed 59 lbs meat from NWCo. which was immediately issued. In the evening 4 sleds of meat arrived from Lagimoniere.»
1814 (janvier)
Proclamation par le gouverneur Miles Macdonell, d'une loi décrétant l'embargo total de l'exportation du pemmican hors des limites du territoire tombant sous sa juridiction.

1814(février)
Peter Fidler dresse une liste des Canadiens qui font la chasse à leur compte à la Rivière-Rouge. On y retrouve Jean-Baptiste Lagimonière avec son épouse canadienne ainsi que deux garçons et quatre filles. Les deux garçons sont Jean-Baptiste (Laprairie) et Benjamin. Trois des filles sont Reine, Josette et Pauline. L'abbé Pierre Picton (Fonds Picton, SHSB) croît que la quatrième fille pourrait être une fille née de l'alliance de Jean-Baptiste avec Josette Amérindienne.

1814 (juin)
Le troisième contingent des colons de Selkirk arrive à la Rivière-Rouge.

1814-07-21
Miles Macdonell publie une proclamation interdisant aux hommes libres et aux Métis de chasser le bison à cheval.

1814 (août\septembre)
Arrivée de nouveaux colons écossais à la Rivière-Rouge.

1814-10-21
Miles Macdonell ordonne aux agents de la North West Company de lui livrer le fort Gibraltar.

1815-02-15
«Sunday Sent Chas. Fidler with a Horse for the 2 criols to Lagimoniere's but the Horse was not able to proceed with the deep snow & returned.»

1815-01-26
Thursday. [.....]
«Lagimoniere arrived with my cariole which is valued at 15 Dollars. He brought me letters from the Portage & Brandon House.»

1815 (printemps)
Pas moins de 140 colons de Selkirk acceptent d'être conduits vers le Haut-Canada dans les canots de la North West Company.

1815-06-27
Les colons de Selkirk quittent la Fourche, emportant tout ce qu'il leur reste. Cuthbert Grant ordonne que l'on piétine les champs et que l'on brûle le fort Douglas et les maisons.

1815-07-14
Colin Robertson arrive à la Rivière-Rouge. Il trouve sept sacs de pemmican dans le magasin de la Hudson's Bay Company et il charge Jean-Baptiste Lagimonière et quelques autres chasseurs libres de les conduire au bas de la rivière Winnipeg.

1815-09-13
«Arranged with Lagemonier who has a few excellent horses to cart home the grain and hay.»

1815-10-11
«Lagemonier arrived this evening with his family. I have completed my arrangements with this person to take the Express to Montreal.»

1815-10-15
Colin Robertson s'empare du fort Gibraltar. Cependant, il le rend après avoir obtenu de la North West Company des assurances formelles quant à l'abandon de la propagande et au recours à la violence.

1815-10-17
«Monsr St Germain informed me that my letters would not reach York in time for the ships. [....]
This consideration induced me to send off Jean Baptiste Lagimonière and one of the Company's Canadian servants [Bénoni Marier] with the Montreal Packet. They left this place about 4 o'clock p.m. for Fort Daer [Pembina]. They have an Indian guide.»

1815-11-04
Arrivée de Robert Semple, nouveau gouverneur de la colonie de Selkirk, avec 84 colons.

1815\1816 (hiver)
Une vingtaine de colons Écossais hivernent à la Rivière-Rouge et poursuivent la reconstruction du fort Douglas sous la direction de Colin Robertson.

1816-03-01
Jean-Baptiste Lagimonière arrive à York (Ontario).

1816-03-10
Jean-Baptiste Lagimonière remet les lettres dont il est porteur à Lord Selkirk à Montréal.

1816-03-17
Colin Robertson et des hommes du fort Douglas s'emparent à nouveau, par surprise, du fort Gibraltar «bâti par la Compagnie du Nord Ouest à l'embouchure de l'Assiniboine. Le fort fut pillé et démantelé et le bourgeois ainsi que les commis transportés au fort Douglas. [Tout ce qu'il contenait fut enlevé]; provisions, marchandises et fourrures, tout fut transporté au fort Douglas. Quelques jours après, les mêmes employés de la Baie-d'Hudson surprenaient un autre fort de la Compagnie du Nord-Ouest à Pembina, et lui faisait subir le même sort qu'au fort Gibraltar.»

1816-06-11
Colin Robertson, excédé par l'aveuglement du gouverneur Semple à la destruction possible de la Colonie, quitte la Rivière-Rouge, après avoir assisté à la démolition du fort Gibraltar et recommandé la fortification du fort Douglas.

1816 (juin)
«Les employés du fort Douglas se tenaient jour et nuit sur le qui-vive, car ils s'attendaient à voir arriver du fort Qu'Appelle une troupe de Métis armés. Deux [Indiens] étaient venus donner la nouvelle au gouverneur Semple que la Compagnie du Nord-Ouest avait rassemblé tous ceux qu'elle avait pu réunir, pour venir reprendre ses forts. Mme Lajimonière, qui était au fort Douglas avec ses enfants, n'était pas sans inquiétude. Elle savait qu'elle pouvait courir de graves dangers si le fort était attaqué par les gens du Nord-Ouest.»

1816-06-15
Jean-Baptiste Lagimonière et Hyacinthe Léger dit Parisien sont dans la région du Fond-du-Lac, à une lieue et demie du fort de la North West Company. Ils sont saisis par Pierre Bonga (un noir, interprète de James Grant) et d'un groupe d'Amérindiens. Bonga et ses associés s'emparent des lettres de Selkirk dont Lagimonière est le porteur ainsi que des effets personnels de Lagimonière et de Léger dit Parisien. Les captifs sont amenés au fort et le lendemain on les envoit au fort William où ils retrouvent leur liberté.

1816-06-19
«[V]ers quatre heures de l'après-midi, une sentinelle du fort Douglas vint avertir le gouverneur Semple qu'une troupe de gens à cheval passait en vue du fort, mais à une distance respectueuse. Cette bande de cavaliers ne paraissait pas être animée d'intentions hostiles, car elle avait déjà dépassé le fort Douglas et se dirigeait vers le bas de la rivière. Alors le gouverneur comprit que leur but était d'aller rejoindre les canots au bas de la rivière pour leur porter des provisions. C'était ce que le gouverneur Semple voulait empêcher. » Il donna donc immédiatement l'ordre à tous ses gens armés de sortir du fort pour aller couper le passage aux Métis et pour leur faire rebrousser chemin. Quand les Métis virent approcher les gens du gouverneur, ils lui envoyèrent un des leurs pour lui demander ce qu'il voulait d'eux en les poursuivant ainsi. Alors, soit imprudence, soit malice, un coup de fusil fut tiré et faillit blesser le métis envoyé en députation. Ce fut le signal de la mêlée. Les cavaliers métis, accoutumés à tirer à cheval dans leurs chasses au buffle, s'élancèrent sur leurs ennemis et en mois de quelques minutes en tuèrent vingt et un. [....]
«La nouvelle de ce désastre arriva au fort presque aussitôt. On crut que les Métis allaient l'attaquer immédiatement et massacrer tous ceux qui y étaient renfermé. Un [Indien] du nom de Pigouis, ami de M me Lajimonière, vint la trouver le soir même et lui dit :
"Tiens, la Française, pas plus tard que demain les Métis vont prendre le fort; il faut que je te sauve avec tes enfants. Tu vas sortir d'ici ce soir et venir habiter dans ma loge qui est de l'autre côté de la rivière."
M me Lajimonière, toute effrayée, se hâta de prendre ses habits et ses enfants; puis aidée d[e] [l'Indien] et de sa femme, elle descendit au bord de la rivière pour monter en canot. La frayeur l'avait tellement énervée qu'en posant le pied dans l'embarcation, elle s'évanouit, fit chavirer le canot et tomba dans la rivière avec ses enfants. Heureusement trois ou quatre Indiennes qui étaient là l'aidèrent à se sauver et la déposèrent dans le canot. Elle traversa la rivière et vint se loger avec la famille de Pigouis.
Le lendemain, les gens du Nord Ouest prirent le fort [Douglas] mais personne ne perdit la vie. Les prisonniers et un certain nombre de colons furent embarqués sur des canots et envoyés à York.» [....]

1816 (été)
«Mme Lajimonière passa l'été dans la loge avec les [Indiens], mangeant comme eux ce qu'elle pouvait se procurer à la pêche. Tant que dura l'été, elle n'eut pas trop à souffrir du logement : elle était déjà faite à la vie sous la tente; mais quand les premiers froids d'automne se firent sentir, elle songea à abandonner la loge de Pigouis pour se mettre un peu plus chaudement.»

1816-07-02
Pierre-Paul Lacroix, dans une lettre adressée à Lord Selkirk, dit qu'il a rencontré Lagimonière et ses gens à la Petite Fourche de la Rivière-la-Pluie (environ 24 kilomètres à l'Ouest de Fort Frances ON). Ce ne sont donc pas les soldats de Selkirk qui l'ont libéré le 13 août 1816. On peut par contre se demander ce que Jean-Baptiste aurait pu faire au cours des cinq mois et demi entre cette rencontre avec Lacroix et la date que Marie-Anne donne comme son arrivée à la Rivière-Rouge, soit peu avant Noël 1816.

1816 (octobre)
«Il y avait sur la côte est de la rivière Rouge, en face du fort Gibraltar [donc sur le terrain où plus tard les soeurs Grises allaient construire leur couvent], une hutte en bois bâtie par un vieux Canadien du nom de Bellehumeur [Michel Monet dit Belhumeur, ancêtre de Marguerite Monet, épouse de Louis Riel]. Ce n'était pas un château, mais c'était plus chaud qu'une tente. La maison n'était pas alors occupée : les locataires étaient rares à cette époque. M me Lajimonière s'empara de cette demeure pour y passer l'hiver avec sa famille. Elle en prit possession au mois d'octobre. Il y avait déjà un an que son mari était absent et qu'elle n'en avait plus eu de nouvelles. Elle pensait qu'il avait péri le long de la route, qu'il avait été massacré par quelque [Indien], ou qu'il était tombé épuisé de faim et de fatigue.»

1816 (décembre)
«Vers la fête de Noël, trois mois après son entrée dans la hutte de Bellehumeur, quelle fut pas sa surprise de voir arriver, un soir, un voyageur qu'elle reconnut pour son mari.»

«Ce fut dans ce réduit que Lajimonière retrouva son épouse. Il avait appris qu'elle avait péri dans la prise du Fort [Douglas] ainsi que ses enfants. De son côté Mme Lajimonière avait su que son mari était mort en chemin en revenant du Canada.»

1817-01-10
Les soldats Meuron de Selkirk, sous la conduite du capitaine d'Orsonnens, arrivent à la Rivière-Rouge. Profitant d'une forte tempête de neige, ils s'approchent du fort Douglas, qui était sous le contrôle des hommes de la North West Company. En quelques instants les soldats sont à l'intérieur du fort et font prisonniers ceux qui s'y trouvent.

1817 (janvier)
«Une semaine plus tard, M me Lajimonière put se loger de nouveau dans la maison [dans le fort Douglas] qu'elle avait été obligée d'abandonner le 19 juin, après la bataille contre les Métis.»

1817 (printemps)
Au printemps, M. Lajimonière avait besoin de repartir pour la chasse, et le fort rempli de militaires ne parut pas à Mme Lajimonière un lieu bien convenable pour une femme seule. Elle fit donc demander au bourgeois de vouloir lui donner une large tente où elle pourrait à quelque distance, se retirer avec sa famille. On lui accorda facilement ce qu'elle voulait et elle alla passer l'été dans le voisinage, sous une tente.

1817 (été)
«Lord Selkirk passa l'été à régler les affaires entre les deux compagnies. Le fort Gibraltar fut restitué à la Compagnie du Nord Ouest qui le rebâtit. Des terres furent données aux militaires qu'il avait conduits à la rivière Rouge. Il conclut un traité avec les Indiens.» (37) Avant son départ, Selkirk fait signer par la population catholique de la Rivière-Rouge une requête adressée à Mgr Plessis demandant des missionnaires pour la Rivière-Rouge. Aussi, pour récompenser Lagimonière de son dévouement, Selkirk lui donne une terre à l'embouchure de la rivière Seine, vis-à-vis de la pointe Douglas.

1817 (octobre)
Lord Selkirk repart pour l'Angleterre. Jean-Baptiste Lagimonière, accompagné d'autres personnes, le reconduit jusqu'au territoire américain.

1817\1818 (hiver)
«Aussitôt que M. Lajimonière fut de retour après avoir accompagné le Lord, il pensa à préparer sur son terrain un logement pour sa famille. La saison était trop avancée pour songer à bâtir une maison en bois. Pour passer l'hiver, il creusa un trou en terre au-dessus duquel il fit une espèce de toit en chaume. Pendant l'hiver M. Lajimonière travaillait aussi à ranimer un peu chez sa femme l'espoir de se voir un jour logée plus commodément. Il coupait le bois pour une maison et préparait tout ce qu'il pouvait se procurer pour la construire le plus tôt possible afin d'y recevoir convenablement les missionnaires qui ne manqueraient pas de leur rendre visite. Quand les beaux jours du printemps parurent, M me Lajimonière sortit de terre et se logea sous la tente, en attendant que la maison fut prête.»

1818-07-16
Arrivée des abbés Provencher et Dumoulin ainsi que du séminariste Guillaume Edge à la Rivière-Rouge. Leurs canots abordent en face du fort Douglas.

1818-07-18
Les missionnaires baptisent tous les enfants de la colonie qui ont moins de six ans.
«Toutes les personnes au-dessus de cet âge qui étaient encore infidèles ne pouvaient recevoir ce sacrement qu'après avoir été instruites des vérités chrétiennes.» (39) Des enfants Lagimonière, seulement Benjamin et Apolline (Pauline) furent baptisés cette journée-là. Marie-Anne, étant la seule femme baptisée, servit de marraine à tous les baptisés.
«Pendant longtemps dans la colonie, tous les enfants l'appelèrent : Ma Marraine.»

1818-08-03
Des nuées de sauterelles s'abattent sur la colonie, détruisant les récoltes.

1818 (fin août)
Les premières recrues de colons canadiens-français arrivent à la Rivière-Rouge. Ils passent l'hiver à Pembina.

1818-11-01
L'abbé Provencher dit la première messe dans la nouvelle chapelle à Saint-Boniface.

1819-01-11
Naissance de Romain Lagimodière.

1819 (juillet)
Les sauterelles détruisent à nouveau les récoltes.

1819 (août)
Arrivée d'un deuxième groupe de recrues de colons du Bas-Canada. On retrouve parmi eux Simon Provencher, frère de l'abbé Norbert Provencher, et sa famille.

1820-07-26
Troisième invasion de sauterelles en trois ans.

1821 (printemps)
Les moissons sont encore détruites par les sauterelles.

1822-07-23
Naissance de Julie Lagimodière, mère de Louis Riel.

1825-12-20
Naissance de Joseph Lagimodière, le benjamin de la famille.

1826 (printemps)
Inondation dévastatrice à la Rivière-Rouge. Plusieurs familles, y compris celle de Reine Lagimodière mariée à Michel Lamère, quittent la Colonie pour aller soit aux États-Unis, soit au Canada.

1827-01-30
Fort Garry : «Captain Franklin's express was sent off early this morning for Rainy Lake, by Lejemonier and his Son, who were hired for the purpose.»

1855-09-07
Décès de Jean-Baptiste Lagimonière. Après le décès de son mari, Marie-Anne va demeurer chez son fils Benjamin
«à un mille de l'église de la mission de Saint-Boniface».

1875-12-14
Décès de Marie-Anne Gaboury. Elle est inhumée le 16 du même mois dans le cimetière de Saint-Boniface.

Source: SHSB - La Société historique de Saint-Boniface 
Lagimodière, Pionnier Jean-Baptiste (I13103)
 
1795 Jean-Baptiste Lagimodière et son épouse Marie-Anne Gaboury sont sans aucun doute deux des personnages les plus marquants de l'histoire de l'Ouest canadien. Le premier couple blanc à s'établir en permanence dans l'Ouest, ils furent témoins des événements qui marquèrent la fin de l'époque de la traite des fourrures et les débuts de la colonisation européenne dans la région de la Rivière-Rouge. Aïeuls, par leur fille Julie, du fondateur du Manitoba, Louis Riel, Jean-Baptiste et Marie-Anne ont laissé une nombreuse descendance qui se compte aujourd'hui dans les milliers, répandue à travers le continent nord-américain et même en Europe.

1778-12-25
Naissance de Jean-Baptiste Lagimonière à Saint-Ours (Québec).

1780-08-15
Naissance de Marie-Anne Gaboury à Maskinongé (Québec).

1800
«Avant son voyage à Maskinongé [automne\hiver 1805], M. Lagimonière avait déjà demeuré quatre ans à cet endroit [Pembina]; il y avait même laissé une indienne qu'il avait gardée pendant son séjour dans ce poste.»

1801-01
Naissance, dans la région de Saint-François-Xavier (Manitoba), d'Antoinette Lagimonière, fille de Jean-Baptiste Lagimonière et de Josette Amérindienne.

1804-1805
Jean-Baptiste Lagimonière hiverne au fort des Prairies.

1805 (automne)
Jean-Baptiste Lagimonière retourne au Bas-Canada et il passe l'hiver à Maskinongé.

1806-04-16
Jean-Baptiste Lajimonière, Joseph Paquin, Michel Genthon dit Dauphinais et Charles Bellegarde signent un "Accord et Convention" devant le notaire F.-X. Dézéry à Berthier:

"Pardevant Les notaires publics De la province Du Bas Canada Résidants a Berthier Comté de Warwick soussignés Furent présents jean Bte. Lagimonière De la paroisse De st. joseph de maskinonge joseph Pakin De la paroisse de ste. Geneviève De Berthier, Michel jenton dit Dauphiné de la paroisse st. joseph de lanoraie et charles Bellegarde de la paroisse st. Antoine de la riviere du loup Les (quels) ont volontairement Reconnus et Confessé Avoir fait Entre Eux conjointement Les conventions qui Ensuivent savoir que Le cinq de mai prochain il se tiendront chacun près a partir De Berthier pour Monter et faire Le voyage Aux pays D'Enhauts Au lieu appellé la Rivière Rouge sans pouvoir Aucun se laisser ni S'engager a Aucun Bourgeois voyageur et se rendre Au lieu D'hyvernement Aux quels lieu chacun pourra s'il Le veut prendre son parti ou Demeurer Ensemble pour faire la chasse et commencer a leur profit. Sera tenu chacun tenu de payer sa côte part de L'achat d'un (canot) de cinq Brasses appellé canots du nort Ainsi que pour ces agrès tel que voile prelat chaudière Ligne Eponges a L'Exception que Ledit charles Bellegarde payera trois quart sur L'achat du canot sans compter sa part des agrès - ledit j. Bte Lagimaunière mettra pour sa part cinq pièces sans comter
Ledit jh Pakin sept pièces, michel jenton dit Dauphiné trois pièces et ledit charles Bellegarde trois pièces sans comter Leurs vivres que chacun sera tenus D'Emporter pour le voyage D'ici Au Sault st marie savoir chacun cinquante Livres de lard, quatre vingt Livres de Biscuit, un Demi minot de pois, a Eux quatre quarantes Livres de sucre du pays et Rendu Au sault chacun d'Eux fournira Aussi sa cotte part pour Les vivres qui leur sera nécessaire pour ce rendre Audit Lieu de L'hyvernement. Bien entendu que dit ci la chacun sera obligé De faire tout Les partage qui sont a faire tant que du canot que les pièces et vires qu'ils Auront.
a été Convenus Entre Les dites parties que ledit jean Bte. Lagimaudiere pourra Emmener sa femme et que sa place sera prise sur le canot. comme Aussi Aucun des dites parties ne pourra abandonner ni laisser sa place pour s'engager ailleur D'ici Audit poste fixé a moins De payer Aux Autres La somme de deux milles livres de vingt coppres et de laisser les pieces et vivres qui seront à lui dans le canot et En tout lieu ou justice sera etabli Les Autres conjointement pourront Le poursuivre En lois pour le payement de ladite somme Car Ainsi & sont convenu Les dites parties sans Lesquelles Les présentes n'eussent été Consentie ni Accordés et pour L'Exécution des presentes Lesdites parties ont Elus leur domicile En leur demeure susdites Aux quels lieux & ------------ promett & obligeant &. Renancant &. fait et passé Audit Berthier maison et demeure de francois piet L'an mil huit cent six le seize avril apres midi et ont Les dites parties declarés ne savoir signer de ce Enquis ont faits Leur marques ordinaires Lecture faite.
sa
jean Bte Lagimaudière
marque
sa
joseph Pakin
marque
sa
Michel Jenton dt. Dauphiné
marque
sa
charles Bellegarde
marque
F.X. Dézéry
n.p

1806-04-21
Mariage de Jean-Baptiste Lagimonière et de Marie-Anne Gaboury à Maskinongé.

1806-05-05
Jean-Baptiste Lagimonière et son épouse Marie-Anne Gaboury, Joseph Paquin, Michel Genthon dit Dauphinais et Charles Bellegarde quittent Berthier à destination de la Rivière-Rouge.

1806 (août)
«"L'entrée du lac Winnipeg était pour la Compagnie du N[ord]-O[uest] une espèce d'entrepôt où les voyageurs des postes de l'ouest et du haut de la rivière Rouge se rendaient chaque printemps pour attendre l'arrivée des canots. [.....] M. et Mme Lagimonière s'embarquèrent sur les canots qui allaient à Pembina, car c'était dans ce poste qu'ils avaient l'intention de passer l'hiver. Les canots, en remontant la rivière, s'arrêtèrent au fort Gibraltar, qui était bâti à l'embouchure de l'Assiniboine, afin d'y déposer des marchandises. Ce comptoir avec celui de la baie d'Hudson bâti un mille plus bas, étaient les seuls établissements le long de la Rivière Rouge, depuis le lac Winnipeg jusqu'à Pembina."»

1806 (août)
«M. Lajimonière planta sa tente dans le voisinage du fort [Pembina] pour attendre la saison de la chasse d'automne »

1806 (automne)
Jean-Baptiste Lagimonière, pour éviter la vengeance de sa première femme contre Marie-Anne, lève sa tente et part pour aller passer l'hiver dans le haut de la rivière Pembina. «À l'automne presque tous les chasseurs se rendaient à cet endroit, qui était le plus favorable pour la chasse au buffle. Cette place portait le nom de Grand-Camp.»

1807 (début janvier)
Jean-Baptiste et Marie-Anne reviennent au poste de Pembina.

1807-01-06
Naissance de la première-née de Jean-Baptiste et de Marie-Anne Lagimonière dans une maison au fort Pembina. Elle reçoit le prénom de Reine par le fait qu'elle naît le jour de la fête des Rois.

1807 (mai)
Départ des Lagimonière pour aller dans la région de la rivière Saskatchewan du Nord. Ils sont accompagnés de Michel Chalifoux, de Louis Paquin et de Charles Bellegarde.
«Tous les trois étaient mariés avec des Indiennes de la tribu des Cris.»

1807 (été)
Un voyageur du nom de Bouvier se joint au groupe. Un soir, lorsqu'ils sont campés sur la grève d'une rivière, près d'un feu, un ours attaque Bouvier. Jean-Baptiste réussit à tuer l'ours mais Bouvier était couvert de blessures. On le conduisit au fort des Prairies où il guérit mais il perdit la vue.

1807 (fin août)
Les Lagimonière arrivent au fort des Prairies (dans la région d'Edmonton).
«Il [Jean-Baptiste] connaissait le bourgeois du Fort, M. Bird, et il obtint pour lui-même et sa femme une place dans le fort pour l'automne et l'hiver. [....] Mme Lajimonière hiverna pendant quatre années consécutives au fort des Prairies. Arrivée à ce poste dans l'automne de 1808 (sic), elle ne retourna à la rivière Rouge qu'au printemps de 1811. Pendant l'hiver, son mari était absent la plus grande partie du temps, pour visiter ses pièges et se procurer des fourrures. Il n'était pas engagé au service des compagnies, il chassait pour son propre compte, et vendait ses pelleteries au fort comme les Indiens. Le printemps, quand le temps des belles fourrures était passé, M. Lajimonière laissait le fort pour aller à la prairie chasser le buffle; sa femme l'accompagnait. Elle montait à cheval, et chevauchait des journées entières à travers les prairies et les bois. Quand son mari trouvait un endroit favorable pour la chasse, il y plantait sa tente et y séjournait quelque temps.»

1808-08-15
Les Lagimonière sont dans les environs de la rivière Bataille. Ils se trouvent tout-à-coup au milieu d'un troupeau de bisons. Le cheval de Marie-Anne se lance dans le troupeau mais Jean-Baptiste parvient à la tirer de danger.
«M. Lagimonière, son compagnon [Charles Bellegarde] et les deux femmes [Marie-Anne et l'épouse Crise de Bellegarde] s'arrêtèrent auprès d'une butte où il y avait du bois, et ce fut là, quelques heures après sa course, que M me Lajimonière donna le jour à son second enfant [Jean-Baptiste], qui fut surnommé Laprairie, parce qu'il était né au milieu de la prairie.»

1808-1809
Les Lagimonière passent l'automne et l'hiver au fort des Prairies.

1809 (printemps)
Un matin, profitant de l'absence de Marie-Anne qui était partie chercher de l'eau, une femme Pied-Noir s'introduit dans le fort, s'empare de «Laprairie» et se sauve avec. Marie-Anne s'en aperçoit, se lance à la poursuite et réussit à rescaper son enfant.

1809 (juin)
Jean-Baptiste et Marie-Anne retournent dans la prairie. Ils faillirent périr aux mains des Sarcis.
«Déjà ils avaient exercé leur barbarie sur les femmes des Canadiens, compagnons de M. Lajimonière. [Bellegarde], Chalifou, Caplette et [Batoche] Letendre étaient mariés à des Crises. Durant l'été de 1809, ils étaient allés faire la traite dans la tribu des Sarcis. Leurs femmes furent massacrées en haine de leur tribu, et les Canadiens n'échappèrent à la mort que par une prompte fuite vers le fort.» Les Lagimonière réussirent à s'évader des Sarcis et après cinq jours de marche ils arrivent au fort des Prairies.
«M me Lajimonière ne retourna pas à la prairie le reste de l'été.»

1810 (printemps)
Les Lagimonière retournent dans la prairie. C'est au cours de ce voyage, qu'en juillet, dans la région de la montagne Cyprès, Marie-Anne met au monde son troisième enfant, une fille surnommée «La Cyprès». Lorsqu'elle est baptisée par l'abbé Provencher en 1818, on lui donne le nom de Marie Josette.

1810 (été)
«Un jour que Mme Lajimonière était avec son mari sous sa tente, des Assiniboines arrivèrent auprès d'eux avec des chevaux, et le chef descendit pour parler à Mme Lajimonière. Elle ne comprenait pas le sauvage; mais le chef, pour lui faire entendre qu'il désirait avoir son enfant âgé de deux ans [Laprairie], prit la corde qui attachait le plus beau de ses chevaux et, la passant autour de la main de Mme Lajimonière, lui fit signe qu'il le lui donnait en échange de son second enfant. Comme on peut bien le penser, Mme Lajimonière le repoussa et lui fit signe que jamais elle ne consentirait à un tel marché. L'[Indien] croyant qu'elle ne se contentait pas d'un cheval, lui en amena un second, puis lui passa encore la corde autour de la main comme la première fois. Elle dit à son mari
"Répète lui donc que je ne vends pas mon enfant et qu'il m'arrachera le coeur avant que je ne consente à me séparer de lui."
"Eh bien!" . dit l'[Indien], "prends le chevaux et un de mes enfants." "Non" , dit-elle, "jamais tu ne me feras consentir à ce marché" ; puis prenant son enfant dans ses bras elle se mit à pleurer. L' [Indien], paraît-il, fut touché de ses larmes, car il cessa d'insister davantage. Il continua sa route avec ses gens et ses chevaux.»

1810-09-28
Sur la rivière Vermillon, à environ 30 milles au nord-est d'Edmonton, Alexander Henry le jeune rencontre deux chasseurs indépendants «freemen» avec leurs familles. C'étaient Lagimodière et Chalifoux qui chassaient le castor.

1811 (printemps)
«Au printemps de 1811, M. Lajimonière ne retourna pas à la prairie. Il avait appris que Lord Selkirk voulait fonder un établissement sur les bords de la rivière Rouge, et que les premiers colons, pour former le noyau de cette colonie, partaient d'Europe ce printemps même. [....] Le dessein de M. Lajimonière était de se fixer d'une manière permanente dans la colonie dès que celle-ci offrirait des moyens de subsistance à ses habitants.»

1811 (été)
«Il [Lagimonière], n'arriva que fort tard dans l'été à l'endroit où s'élève aujourd'hui Winnipeg. [....]
Les colons partis d'Ecosse ne purent se rendre à la rivière Rouge cette année là.»

1812-1815
«La rivalité entre ces deux compagnies [North West et Hudson's Bay] commença sérieusement à l'arrivée des premiers colons, en 1812. [....] Les Canadiens-français et les Métis embrassaient ordinairement la cause de la Compagnie du Nord-Ouest. Les Écossais et les gens d'origine anglaise, ainsi que quelques [Indiens] étaient dévoués à la Baie d'Hudson. M. Lajimonière n'avait jamais été au service d'aucune compagnie; il était resté libre dans le pays, faisant la chasse à son compte et vendant ses pelleteries tantôt à la Compagnie de la Baie d'Hudson, tantôt à la Compagnie du Nord-Ouest. Cependant, après son séjour à la Saskatchewan, où il avait vécu dans les forts de la Baie d'Hudson, il se montra toujours en faveur de cette dernière compagnie.»

1811-1812 (hiver)
La famille Lagimonière passe l'hiver au poste de Pembina. Là, vers le 11 décembre 1811, Marie-Anne donne naissance à un fils, Benjamin.

1812 (printemps)
«Dès que la rivière fut libre, au printemps de 1812, il [Lagimonière] descendit avec sa femme jusqu'au fort Gibraltar à l'embouchure de l'Assiniboine. De là il remonta le cours de cette rivière l'espace d'une douzaine de milles et s'arrèta un plus haut que l'endroit appelé aujourd'hui la paroisse Saint-Charles. [....]
M. Lajimonière se construisit une petite maison en bois brut, sans planchers ni fenêtres, et s'installa dans ce château avec sa famille.»

1812 (juin)
Les colons de Selkirk quittent les bords de la baie d'Hudson où ils avaient passé l'hiver et partent en direction de la Rivière-Rouge. Le premier contingent y arrive le 30 août 1812.

1812-09-04
Miles Macdonell, gouverneur de la colonie, prend officiellement possession du territoire au nom de Selkirk.

1812-09-18 (vendredi)
«Engage Lagimonière to hunt for a twelve month at 30 £ wages and an equipment of clothes.»

1812 (octobre)
Le deuxième contingent des colons de Selkirk arrive à la Rivière-Rouge. Ils se rendent directement à Pembina.

1813
Naissance d'Apolline (Pauline) Lagimonière.

1813-02-13
«Not a morsel to give our people; borrowed 59 lbs meat from NWCo. which was immediately issued. In the evening 4 sleds of meat arrived from Lagimoniere.»
1814 (janvier)
Proclamation par le gouverneur Miles Macdonell, d'une loi décrétant l'embargo total de l'exportation du pemmican hors des limites du territoire tombant sous sa juridiction.

1814(février)
Peter Fidler dresse une liste des Canadiens qui font la chasse à leur compte à la Rivière-Rouge. On y retrouve Jean-Baptiste Lagimonière avec son épouse canadienne ainsi que deux garçons et quatre filles. Les deux garçons sont Jean-Baptiste (Laprairie) et Benjamin. Trois des filles sont Reine, Josette et Pauline. L'abbé Pierre Picton (Fonds Picton, SHSB) croît que la quatrième fille pourrait être une fille née de l'alliance de Jean-Baptiste avec Josette Amérindienne.

1814 (juin)
Le troisième contingent des colons de Selkirk arrive à la Rivière-Rouge.

1814-07-21
Miles Macdonell publie une proclamation interdisant aux hommes libres et aux Métis de chasser le bison à cheval.

1814 (août\septembre)
Arrivée de nouveaux colons écossais à la Rivière-Rouge.

1814-10-21
Miles Macdonell ordonne aux agents de la North West Company de lui livrer le fort Gibraltar.

1815-02-15
«Sunday Sent Chas. Fidler with a Horse for the 2 criols to Lagimoniere's but the Horse was not able to proceed with the deep snow & returned.»

1815-01-26
Thursday. [.....]
«Lagimoniere arrived with my cariole which is valued at 15 Dollars. He brought me letters from the Portage & Brandon House.»

1815 (printemps)
Pas moins de 140 colons de Selkirk acceptent d'être conduits vers le Haut-Canada dans les canots de la North West Company.

1815-06-27
Les colons de Selkirk quittent la Fourche, emportant tout ce qu'il leur reste. Cuthbert Grant ordonne que l'on piétine les champs et que l'on brûle le fort Douglas et les maisons.

1815-07-14
Colin Robertson arrive à la Rivière-Rouge. Il trouve sept sacs de pemmican dans le magasin de la Hudson's Bay Company et il charge Jean-Baptiste Lagimonière et quelques autres chasseurs libres de les conduire au bas de la rivière Winnipeg.

1815-09-13
«Arranged with Lagemonier who has a few excellent horses to cart home the grain and hay.»

1815-10-11
«Lagemonier arrived this evening with his family. I have completed my arrangements with this person to take the Express to Montreal.»

1815-10-15
Colin Robertson s'empare du fort Gibraltar. Cependant, il le rend après avoir obtenu de la North West Company des assurances formelles quant à l'abandon de la propagande et au recours à la violence.

1815-10-17
«Monsr St Germain informed me that my letters would not reach York in time for the ships. [....]
This consideration induced me to send off Jean Baptiste Lagimonière and one of the Company's Canadian servants [Bénoni Marier] with the Montreal Packet. They left this place about 4 o'clock p.m. for Fort Daer [Pembina]. They have an Indian guide.»

1815-11-04
Arrivée de Robert Semple, nouveau gouverneur de la colonie de Selkirk, avec 84 colons.

1815\1816 (hiver)
Une vingtaine de colons Écossais hivernent à la Rivière-Rouge et poursuivent la reconstruction du fort Douglas sous la direction de Colin Robertson.

1816-03-01
Jean-Baptiste Lagimonière arrive à York (Ontario).

1816-03-10
Jean-Baptiste Lagimonière remet les lettres dont il est porteur à Lord Selkirk à Montréal.

1816-03-17
Colin Robertson et des hommes du fort Douglas s'emparent à nouveau, par surprise, du fort Gibraltar «bâti par la Compagnie du Nord Ouest à l'embouchure de l'Assiniboine. Le fort fut pillé et démantelé et le bourgeois ainsi que les commis transportés au fort Douglas. [Tout ce qu'il contenait fut enlevé]; provisions, marchandises et fourrures, tout fut transporté au fort Douglas. Quelques jours après, les mêmes employés de la Baie-d'Hudson surprenaient un autre fort de la Compagnie du Nord-Ouest à Pembina, et lui faisait subir le même sort qu'au fort Gibraltar.»

1816-06-11
Colin Robertson, excédé par l'aveuglement du gouverneur Semple à la destruction possible de la Colonie, quitte la Rivière-Rouge, après avoir assisté à la démolition du fort Gibraltar et recommandé la fortification du fort Douglas.

1816 (juin)
«Les employés du fort Douglas se tenaient jour et nuit sur le qui-vive, car ils s'attendaient à voir arriver du fort Qu'Appelle une troupe de Métis armés. Deux [Indiens] étaient venus donner la nouvelle au gouverneur Semple que la Compagnie du Nord-Ouest avait rassemblé tous ceux qu'elle avait pu réunir, pour venir reprendre ses forts. Mme Lajimonière, qui était au fort Douglas avec ses enfants, n'était pas sans inquiétude. Elle savait qu'elle pouvait courir de graves dangers si le fort était attaqué par les gens du Nord-Ouest.»

1816-06-15
Jean-Baptiste Lagimonière et Hyacinthe Léger dit Parisien sont dans la région du Fond-du-Lac, à une lieue et demie du fort de la North West Company. Ils sont saisis par Pierre Bonga (un noir, interprète de James Grant) et d'un groupe d'Amérindiens. Bonga et ses associés s'emparent des lettres de Selkirk dont Lagimonière est le porteur ainsi que des effets personnels de Lagimonière et de Léger dit Parisien. Les captifs sont amenés au fort et le lendemain on les envoit au fort William où ils retrouvent leur liberté.

1816-06-19
«[V]ers quatre heures de l'après-midi, une sentinelle du fort Douglas vint avertir le gouverneur Semple qu'une troupe de gens à cheval passait en vue du fort, mais à une distance respectueuse. Cette bande de cavaliers ne paraissait pas être animée d'intentions hostiles, car elle avait déjà dépassé le fort Douglas et se dirigeait vers le bas de la rivière. Alors le gouverneur comprit que leur but était d'aller rejoindre les canots au bas de la rivière pour leur porter des provisions. C'était ce que le gouverneur Semple voulait empêcher. » Il donna donc immédiatement l'ordre à tous ses gens armés de sortir du fort pour aller couper le passage aux Métis et pour leur faire rebrousser chemin. Quand les Métis virent approcher les gens du gouverneur, ils lui envoyèrent un des leurs pour lui demander ce qu'il voulait d'eux en les poursuivant ainsi. Alors, soit imprudence, soit malice, un coup de fusil fut tiré et faillit blesser le métis envoyé en députation. Ce fut le signal de la mêlée. Les cavaliers métis, accoutumés à tirer à cheval dans leurs chasses au buffle, s'élancèrent sur leurs ennemis et en mois de quelques minutes en tuèrent vingt et un. [....]
«La nouvelle de ce désastre arriva au fort presque aussitôt. On crut que les Métis allaient l'attaquer immédiatement et massacrer tous ceux qui y étaient renfermé. Un [Indien] du nom de Pigouis, ami de M me Lajimonière, vint la trouver le soir même et lui dit :
"Tiens, la Française, pas plus tard que demain les Métis vont prendre le fort; il faut que je te sauve avec tes enfants. Tu vas sortir d'ici ce soir et venir habiter dans ma loge qui est de l'autre côté de la rivière."
M me Lajimonière, toute effrayée, se hâta de prendre ses habits et ses enfants; puis aidée d[e] [l'Indien] et de sa femme, elle descendit au bord de la rivière pour monter en canot. La frayeur l'avait tellement énervée qu'en posant le pied dans l'embarcation, elle s'évanouit, fit chavirer le canot et tomba dans la rivière avec ses enfants. Heureusement trois ou quatre Indiennes qui étaient là l'aidèrent à se sauver et la déposèrent dans le canot. Elle traversa la rivière et vint se loger avec la famille de Pigouis.
Le lendemain, les gens du Nord Ouest prirent le fort [Douglas] mais personne ne perdit la vie. Les prisonniers et un certain nombre de colons furent embarqués sur des canots et envoyés à York.» [....]

1816 (été)
«Mme Lajimonière passa l'été dans la loge avec les [Indiens], mangeant comme eux ce qu'elle pouvait se procurer à la pêche. Tant que dura l'été, elle n'eut pas trop à souffrir du logement : elle était déjà faite à la vie sous la tente; mais quand les premiers froids d'automne se firent sentir, elle songea à abandonner la loge de Pigouis pour se mettre un peu plus chaudement.»

1816-07-02
Pierre-Paul Lacroix, dans une lettre adressée à Lord Selkirk, dit qu'il a rencontré Lagimonière et ses gens à la Petite Fourche de la Rivière-la-Pluie (environ 24 kilomètres à l'Ouest de Fort Frances ON). Ce ne sont donc pas les soldats de Selkirk qui l'ont libéré le 13 août 1816. On peut par contre se demander ce que Jean-Baptiste aurait pu faire au cours des cinq mois et demi entre cette rencontre avec Lacroix et la date que Marie-Anne donne comme son arrivée à la Rivière-Rouge, soit peu avant Noël 1816.

1816 (octobre)
«Il y avait sur la côte est de la rivière Rouge, en face du fort Gibraltar [donc sur le terrain où plus tard les soeurs Grises allaient construire leur couvent], une hutte en bois bâtie par un vieux Canadien du nom de Bellehumeur [Michel Monet dit Belhumeur, ancêtre de Marguerite Monet, épouse de Louis Riel]. Ce n'était pas un château, mais c'était plus chaud qu'une tente. La maison n'était pas alors occupée : les locataires étaient rares à cette époque. M me Lajimonière s'empara de cette demeure pour y passer l'hiver avec sa famille. Elle en prit possession au mois d'octobre. Il y avait déjà un an que son mari était absent et qu'elle n'en avait plus eu de nouvelles. Elle pensait qu'il avait péri le long de la route, qu'il avait été massacré par quelque [Indien], ou qu'il était tombé épuisé de faim et de fatigue.»

1816 (décembre)
«Vers la fête de Noël, trois mois après son entrée dans la hutte de Bellehumeur, quelle fut pas sa surprise de voir arriver, un soir, un voyageur qu'elle reconnut pour son mari.»

«Ce fut dans ce réduit que Lajimonière retrouva son épouse. Il avait appris qu'elle avait péri dans la prise du Fort [Douglas] ainsi que ses enfants. De son côté Mme Lajimonière avait su que son mari était mort en chemin en revenant du Canada.»

1817-01-10
Les soldats Meuron de Selkirk, sous la conduite du capitaine d'Orsonnens, arrivent à la Rivière-Rouge. Profitant d'une forte tempête de neige, ils s'approchent du fort Douglas, qui était sous le contrôle des hommes de la North West Company. En quelques instants les soldats sont à l'intérieur du fort et font prisonniers ceux qui s'y trouvent.

1817 (janvier)
«Une semaine plus tard, M me Lajimonière put se loger de nouveau dans la maison [dans le fort Douglas] qu'elle avait été obligée d'abandonner le 19 juin, après la bataille contre les Métis.»

1817 (printemps)
Au printemps, M. Lajimonière avait besoin de repartir pour la chasse, et le fort rempli de militaires ne parut pas à Mme Lajimonière un lieu bien convenable pour une femme seule. Elle fit donc demander au bourgeois de vouloir lui donner une large tente où elle pourrait à quelque distance, se retirer avec sa famille. On lui accorda facilement ce qu'elle voulait et elle alla passer l'été dans le voisinage, sous une tente.

1817 (été)
«Lord Selkirk passa l'été à régler les affaires entre les deux compagnies. Le fort Gibraltar fut restitué à la Compagnie du Nord Ouest qui le rebâtit. Des terres furent données aux militaires qu'il avait conduits à la rivière Rouge. Il conclut un traité avec les Indiens.» (37) Avant son départ, Selkirk fait signer par la population catholique de la Rivière-Rouge une requête adressée à Mgr Plessis demandant des missionnaires pour la Rivière-Rouge. Aussi, pour récompenser Lagimonière de son dévouement, Selkirk lui donne une terre à l'embouchure de la rivière Seine, vis-à-vis de la pointe Douglas.

1817 (octobre)
Lord Selkirk repart pour l'Angleterre. Jean-Baptiste Lagimonière, accompagné d'autres personnes, le reconduit jusqu'au territoire américain.

1817\1818 (hiver)
«Aussitôt que M. Lajimonière fut de retour après avoir accompagné le Lord, il pensa à préparer sur son terrain un logement pour sa famille. La saison était trop avancée pour songer à bâtir une maison en bois. Pour passer l'hiver, il creusa un trou en terre au-dessus duquel il fit une espèce de toit en chaume. Pendant l'hiver M. Lajimonière travaillait aussi à ranimer un peu chez sa femme l'espoir de se voir un jour logée plus commodément. Il coupait le bois pour une maison et préparait tout ce qu'il pouvait se procurer pour la construire le plus tôt possible afin d'y recevoir convenablement les missionnaires qui ne manqueraient pas de leur rendre visite. Quand les beaux jours du printemps parurent, M me Lajimonière sortit de terre et se logea sous la tente, en attendant que la maison fut prête.»

1818-07-16
Arrivée des abbés Provencher et Dumoulin ainsi que du séminariste Guillaume Edge à la Rivière-Rouge. Leurs canots abordent en face du fort Douglas.

1818-07-18
Les missionnaires baptisent tous les enfants de la colonie qui ont moins de six ans.
«Toutes les personnes au-dessus de cet âge qui étaient encore infidèles ne pouvaient recevoir ce sacrement qu'après avoir été instruites des vérités chrétiennes.» (39) Des enfants Lagimonière, seulement Benjamin et Apolline (Pauline) furent baptisés cette journée-là. Marie-Anne, étant la seule femme baptisée, servit de marraine à tous les baptisés.
«Pendant longtemps dans la colonie, tous les enfants l'appelèrent : Ma Marraine.»

1818-08-03
Des nuées de sauterelles s'abattent sur la colonie, détruisant les récoltes.

1818 (fin août)
Les premières recrues de colons canadiens-français arrivent à la Rivière-Rouge. Ils passent l'hiver à Pembina.

1818-11-01
L'abbé Provencher dit la première messe dans la nouvelle chapelle à Saint-Boniface.

1819-01-11
Naissance de Romain Lagimodière.

1819 (juillet)
Les sauterelles détruisent à nouveau les récoltes.

1819 (août)
Arrivée d'un deuxième groupe de recrues de colons du Bas-Canada. On retrouve parmi eux Simon Provencher, frère de l'abbé Norbert Provencher, et sa famille.

1820-07-26
Troisième invasion de sauterelles en trois ans.

1821 (printemps)
Les moissons sont encore détruites par les sauterelles.

1822-07-23
Naissance de Julie Lagimodière, mère de Louis Riel.

1825-12-20
Naissance de Joseph Lagimodière, le benjamin de la famille.

1826 (printemps)
Inondation dévastatrice à la Rivière-Rouge. Plusieurs familles, y compris celle de Reine Lagimodière mariée à Michel Lamère, quittent la Colonie pour aller soit aux États-Unis, soit au Canada.

1827-01-30
Fort Garry : «Captain Franklin's express was sent off early this morning for Rainy Lake, by Lejemonier and his Son, who were hired for the purpose.»

1855-09-07
Décès de Jean-Baptiste Lagimonière. Après le décès de son mari, Marie-Anne va demeurer chez son fils Benjamin
«à un mille de l'église de la mission de Saint-Boniface».

1875-12-14
Décès de Marie-Anne Gaboury. Elle est inhumée le 16 du même mois dans le cimetière de Saint-Boniface.

Source: SHSB - La Société historique de Saint-Boniface 
Gaboury, Pionnière Marie-Anne (I13104)
 
1796 Jean-Baptiste Mondello immigre en 1892 à l'âge de 43 ans et son épouse en 1895.
En 1901, il habite à Maisonneuve.

Source: Recensement Canada - 1901 
Mondello, Jean Baptiste (I2563)
 
1797 Jean-Etienne Landry, médecin, chirurgien et professeur, né à Carleton, Bas-Canada, le 25 décembre 1815, fils de Sébastien Landry et d'Émerence Painchaud ; le 31 août 1841, il épousa Caroline-Eulalie, fille du notaire Roger Lelièvre de Québec, et ils eurent 11 enfants, dont trois survécurent ; décédé à Québec le 17 juin 1884.

Jean-Étienne Landry était de descendance acadienne et d'origine gaspésienne. Son père, un notable de Carleton, était tenu en haute estime par l'abbé Charles-François Painchaud, qui depuis 1806 desservait comme missionnaire la région de la baie des Chaleurs avec résidence à Carleton. Aussi lorsque Sébastien Landry fut devenu veuf, l'abbé Painchaud n'hésita-t-il pas à bénir le mariage de ce dernier, le 31 octobre 1813, avec sa soeur Émerence. Le jour de Noël 1815 naissait leur premier enfant, Jean-Étienne.

L'abbé Painchaud avait quitté, l'année précédente, Carleton et la Gaspésie pour venir prendre la direction de la paroisse Sainte-Anne-de-la-Pocatière (Sainte-Anne). Ayant compris la nécessité d'un établissement d'enseignement secondaire pour desservir la population du bas du fleuve, il ajoutait, en 1827, aux soins de sa cure les soucis de la fondation d'un collège classique. Il y invita son neveu Jean-Étienne, dont il avait très vite apprécié la vivacité de l'esprit, à parcourir le cycle des études secondaires. Le jeune Gaspésien y arriva, en 1831, alors que le collège de Sainte-Anne-de-la-Pocatière connaissait des débuts difficiles. Le premier directeur, l'abbé Étienne Chartier, dont les théories pédagogiques favorisaient chez les écoliers une liberté excessive, avait laissé à son successeur, l'abbé Louis Proulx, une situation qu'il fallait redresser si on voulait en corriger les résultats désastreux au point de vue moral et disciplinaire. Le collège comprenait 75 élèves. Les professeurs étaient des séminaristes qui venaient de revêtir la soutane. On y improvisait sur une grande échelle. Les plus doués des écoliers « sautaient » des classes. Aussi, trois ans seulement après son arrivée, Landry terminait-il sa rhétorique, décrochant en juillet 1834 le deuxième prix d excellence. Désireux d'attacher son neveu à son collège et rêvant pour lui d'une carrière ecclésiastique, l'abbé Painchaud lui faisait endosser la soutane en septembre 1835 et lui confiait une classe d'éléments latins. Mais l'essai fit long feu. Quelques mois plus tard, Landry quittait Sainte-Anne-de-la-Pocatière (La Pocatière) pour Québec, où un autre oncle, le docteur Joseph Painchaud, qui pratiquait à Québec depuis cinq ans, consentit à le prendre comme clerc médecin.

Landry fut attaché comme interne à l'hôpital de la Marine et des Émigrés, destiné aux marins de passage et aux immigrants. Il conserva un souvenir rien moins qu'enchanté de son passage comme étudiant dans cet hôpital. Aussi, lorsqu'on lui offrit l'occasion de s'éloigner de Québec, n'hésita-t-il pas un instant. La vieille querelle entre Anglais et Américains s'étant aggravée au sujet de la démarcation territoriale entre le Canada et le Maine, des troupes furent envoyées dans la région de Madawaska pour s,opposer, le cas échéant, aux incursions américaines. Landry revêtit donc l'uniforme militaire en qualité de « médecin d'un détachement du 24e régiment ». Le Canadien du 22 juillet 1839 annonçait son départ prochain. Son séjour aux abords de la frontière disputée fut pratiquement sans histoire. Au début de février 1840, il revenait sur ses pas pour prendre charge de l'hôpital de Rivière-du-Loup. Licencié de l'armée en avril, il regagna Québec, où, après des examens subis le 8 juillet 1840, il était admis une semaine plus tard « à pratiquer la médecine, la chirurgie et l'art obstétrique dans la province du Bas-Canada ».

Il exerça d'abord son art à Pointe-Lévy (Lauzon et Lévis) mais, en avril 1844, l'hôpital de la Marine et des Émigrés se l'attachait comme chirurgien. Le 4 décembre 1845, le docteur Landry obtenait l'autorisation d'y ouvrir, en sa qualité de professeur d'anatomie, une salle de dissection. La preuve la plus tangible que sa réputation d'habile chirurgien s'affermissait de jour en jour fut sa nomination, en septembre 1849, de professeur à l'école de médecine de Québec. Cette école avait obtenu l'existence juridique en 1845, mais l'inauguration officielle n'eut lieu que le 15 mai 1848. Son président était l'Écossais Joseph Morrin, qui présidait déjà aux destinées du Collège des médecins et chirurgiens du Bas-Canada et qui était attaché comme médecin à l'Hôtel-Dieu. Les principaux professeurs de l'école étaient, outre Morrin, les docteurs Joseph Painchaud, Charles-Jacques Frémont, Pierre-Martial Bardy, Jean Blanchet et James Douglas. L'existence de l'école de médecine fut brève. Elle fermait ses portes dès le 30 avril 1854, cédant la place à la faculté de médecine de l'université Laval, dont les chaires avaient été confiées aux professeurs qui avaient entouré le docteur Morrin, notamment Landry.

Immédiatement après sa nomination comme professeur, le 10 décembre 1853, Landry avait été choisi pour une mission importante en Europe. Il avait quitté Québec le 18 décembre 1853, en compagnie d'Octave Crémazie. De retour à Québec le 20 avril 1854, Landry confia aux journaux de la capitale un rapport succinct des résultats de sa mission. Le Journal de Québec en faisait état dans son numéro du 2 mai suivant: « M. le Dr Landry, dont nous avons annoncé dernièrement le retour d'Europe, où il était allé en mission pour l'Université Laval, a visité l'Université d'Oxford, le University College et le King's College de Londres, et l'Angleterre; les Universités de Liège, de Louvain, de Gand et de Bruxelles en Belgique, et il s'est également mis en rapport avec la Faculté de Médecine de Paris, dont il a suivi en partie les cours pendant son séjour en cette ville. Le Dr Landry a visité ces institutions dans le but d'en étudier les règles, d'en voir leur application dans la pratique et d'en recueillir tout ce qui pourrait être utile à l'université Laval. Le Dr Landry de plus était chargé d'acheter pour la Faculté de Médecine de cette dernière institution les livres, les instruments, les préparations anatomiques nécessaires à l'enseignement et nous apprenons que le Docteur a tiré bon parti des diverses sommes qui lui ont été confiées. Le Séminaire a bien voulu, sur sa demande, lui permettre de faire l'acquisition d'une superbe collection de pièces pathologiques naturelles (de plus de 500 pièces), qu'il a ajoutée à un achat considérable de pièces confectionnées qui doivent servir à l'étude des maladies de la peau et autres. Les instruments ont été fabriqués par un des premiers ouvriers de Paris. »

Landry déploya dans son enseignement médical des qualités que ses étudiants appréciaient au plus haut point : la clarté de l'exposé, la précision des détails et une compétence que vivifiait la pratique quotidienne de la chirurgie à l'Hôtel-Dieu et à l'hôpital de la Marine et des Émigrés, où il était encore professeur de clinique externe. En dehors de son enseignement à Laval, des soins accordés à une clientèle de plus en plus considérable et de l'exercice de la chirurgie, Landry consacra une grande partie de ses activités à l'asile de Beauport (centre hospitalier Robert-Giffard) dont il devenait l'un des propriétaires en 1863. Avec les années, toutefois, son activité médicale diminua en raison de rhumatismes qui le torturaient et d'une surdité qui s'aggravait. En 1880, il renonça à la direction de l'asile de Beauport en faveur de son fils Philippe, qui était alors député fédéral du comté de Montmagny, et de son gendre, le docteur Georges-Antoine Larue. Puis, en avril 1881, il demanda à l'université Laval d'être mis à la retraite.

C'est dans la sérénité du devoir accompli et entouré de la considération générale qu'il terminait sa féconde carrière lorsque, soudain, éclata sur sa tête un orage aussi violent qu'imprévu. Vers 1880, le monde catholique était hanté par le spectre de la franc-maçonnerie. Quand, dix ans plus tôt, la papauté eut perdu le dernier lambeau de son territoire par l'entrée des troupes piémontaises à Rome, la grande majorité des fidèles avait vu dans cette catastrophe le résultat des efforts de la maçonnerie italienne, qui espérait que Rome, devenue la capitale de l'Italie unie, marquerait également la fin du catholicisme. Dans les autres pays catholiques, comme la Belgique et la France, la maçonnerie avait également pris une attitude antichrétienne. En France surtout, avec l'avènement de la Troisième République, on assista au départ d'une maçonnerie de combat, qui donna son appui à tous les éléments qui avaient intérêt à lutter contre le catholicisme.

Il n'est pas étonnant que, dans un pays à l'écoute de la France comme l'était le Canada français, on ait très vite détecté la menace maçonnique. À Québec, le Cercle catholique se distinguait dans ses dénonciations. Fondé le 26 mai 1876, ce cercle avait comme président Clément Vincelette, gérant depuis 1853 de l'asile de Beauport. Il regroupait des ultramontains militants, dont les plus en vue étaient Joseph-Israël Tarte, rédacteur en chef du Canadien, Jules-Paul Tardivel, son collaborateur, le libraire Joseph-Alfred Langlais, Narcisse-Eutrope Dionne et Roch-Pamphile Vallée, rédacteurs au Courrier du Canada, et enfin Philippe Landry, adversaire politique de François Langelier, professeur de droit à l'université Laval. Celle-ci était le point de mire de leurs attaques. Ils se joignaient aux ultramontains de Montréal, qui luttaient désespérément au niveau local et à Rome pour substituer à la succursale que Laval avait fondée à Montréal en 1876 [V. Joseph Desautels] une université qui fût indépendante de Québec et affranchie de ces tares qu'ils décelaient dans Laval : le gallicanisme, le libéralisme et des attaches à la franc-maçonnerie.

Sur ce dernier point, les adversaires de l'université québécoise atteignaient leur ennemie au défaut de la cuirasse, car Laval comptait dans son corps professoral des protestants dont certains étaient francs-maçons. L'un d entre eux, le docteur James Arthur Sewell, était même doyen de la faculté de médecine depuis 1863 et comme tel était membre du conseil universitaire. Le docteur Landry jugeait une telle situation inadmissible dans une université catholique. Le recteur, l'abbé Thomas-Étienne Hamel, qui était au surplus grand vicaire de l'archidiocèse de Québec, pensait bien différemment, du moins si l'on s'en tient à la version qu'en donna Landry quelques années plus tard : de retour d'un voyage à Rome en 1873, Hamel aurait avoué à Landry qu'il « avait fait tout ce qu'il avait pu à Rome pour faire comprendre que les francs-maçons du Canada n'étaient pas aussi méchants ni aussi dangereux que ceux d'Europe (et cela sans distinction aucune), attendu qu'ils ne sont considérés que comme des membres de sociétés de bienfaisance ou de secours mutuel, mais qu'à Rome, on ne voulait pas entendre raison sur ce point et qu'on devenait tout rouge lorsqu'on leur affirmait de telles choses ». À quoi le docteur Landry avait répondu « que les francs-maçons sont partout les mêmes vis-à-vis l'Église et la société ».

Lorsque le docteur Landry eut fait part aux membres du Cercle catholique de l'opinion qu'entretenait, selon lui, le grand vicaire Hamel sur la franc-maçonnerie, qu'il eut répété la même version à des prêtres qui allaient dire la messe chez lui depuis que la maladie le confinait dans sa chambre et que le bruit s'en fut répandu en ville et même au loin, à telle enseigne que l'évêque de Saint-Hyacinthe, Mgr Louis-Zéphirin Moreau, en écrivit à Québec pour avoir des éclaircissements, l'archevêché de Québec accusa vivement le coup et délégua auprès de Landry, en avril 1883, l'abbé Louis-Nazaire Bégin, promoteur de l'Officialité métropolitaine, pour s'« enquérir de la vérité de ce fait étrange ». Après avoir soutenu que les sociétés secrètes faisaient « de grands progrès en Canada, où on disait que quelques prêtres [étaient] affiliés à ces sociétés ennemies de l'Eglise », Landry répéta à Bégin la conversation qu'il avait eue avec Hamel en 1873. Ce dernier devait par la suite affirmer à Bégin « que Landry avait une toquade dont personne au monde ne saurait le guérir ».

Le 30 avril 1883, l'abbé Hamel écrivit au docteur Landry pour protester contre les propos qu'on lui prêtait et lui demander une rétractation des commérages dont il était l'auteur et le point de départ. Il lui proposa de publier dans les journaux une déclaration qu'il venait de rédiger, grâce à laquelle le docteur Landry aurait admis que « des renseignements précis » lui avaient fait comprendre qu il avait « interprété d'une manière tout à fait erronée » une conversation datant de dix ans et qu'il était « heureux de pouvoir dire » qu'on ne devait « ajouter aucune foi à tous les bruits » voulant que le grand vicaire Hamel lui « aurait exprimé des idées malsonnantes sur la franc-maçonnerie ». Ne consentant pas à se « déshonorer », le docteur Landry se refusa carrément à signer ce texte, comme il l'écrivait le 7 juin suivant à l'abbé Pierre Roussel, secrétaire de l'université Laval.

L'archevêque de Québec était déjà venu à la rescousse de son grand vicaire. Le 1er juin, Mgr Elzéar-Alexandre Taschereau avait publié un mandement, reproduit immédiatement par les journaux, sur les sociétés secrètes. Après avoir affirmé que, d'après l'enseignement de l'Église, c'était « toujours une faute très grave que de s'enrôler dans les sociétés secrètes proprement dites, connues sous le nom générique de franc-maçonnerie », l'archevêque énonçait « une règle précise et pratique pour mettre fin à l'aveuglement funeste » dans lequel tombaient « un trop grand nombre de personnes qui ne réfléchissaient pas assez sur les conséquences de leurs actes et de leurs paroles » : « À l'égard d'un catholique l'accusation de franc-maçonnerie est certainement assez grave de sa nature pour être la matière d'une calomnie ou d'une médisance ou d'un jugement téméraire grave. Les circonstances peuvent y ajouter un nouveau degré de malice, par exemple s'il s agit d un prêtre, d'un grand vicaire, d'un évêque, d'un cardinal [...] ou de la réputation d'une institution catholique. »

Pour cruel que fut le coup que lui portait l'archevêque, le docteur Landry garda le silence, mais il n'en fut pas de même lorsque, le 5 juin, l'université Laval lui signifia, par son secrétaire, qu'à la suite d'un vote unanime du conseil elle lui enlevait le titre, qu'elle lui avait conféré deux ans plus tôt, de « professeur honoraire ». Cette fois-ci, Landry manifesta dans sa réponse du 7 juin au secrétaire de l'université qu'on l'atteignait au point le plus sensible : l'honneur d'un homme qui avait voué le meilleur de lui-même à une institution qui, maintenant, l'écartait ignominieusement comme s'il se fut agi d'un vulgaire calomniateur.

Le docteur Landry était alors un valétudinaire confiné à sa chambre et presque totalement sourd. Lors de sa visite, l'abbé Bégin l'avait trouvé incapable « d'entendre une parole, à moins qu'on ne la lui crie dans les oreilles ». Aussi fut-il heureux de céder la plume à son fils Philippe qui, polémiste-né, prit vigoureusement en main la cause de son père.

N'espérant pas obtenir justice pour son père, en dépit d'une comparution qui eut lieu le 23 juillet 1883 devant le tribunal de l'Officialité diocésaine, Philippe Landry partait pour Rome le 4 août suivant. Le but de son voyage était double : dénoncer, au nom du Cercle catholique, le mandement de Mgr Taschereau sur les sociétés secrètes et présenter aux cardinaux de la Propagande la cause du docteur Landry et un volume de pièces justificatives. Mais excédée par les innombrables réclamations qui lui parvenaient de la catholique province de Québec et ne sachant trop comment résoudre à distance les problèmes politico-religieux qu'on lui soumettait, la Propagande délégua au Canada, comme commissaire apostolique, le cistercien belge dom Joseph-Gauthier-Henri Smeulders, qui quitta Rome le 20 septembre 1883. Philippe Landry revint peu après à Québec, pour lui soumettre son mémoire contre Hamel. Celui-ci répondit par un contre-mémoire daté du 13 juin 1884.

Les choses en étaient là, lorsque le docteur Landry décéda le 17 juin. Son testament révéla qu'il possédait une fortune considérable, surtout pour l'époque. Outre des legs substantiels faits à des institutions religieuses ou charitables, il laissait à chacun de ses trois enfants environ $100 000.

Le tenace Philippe Landry redoubla d'ardeur pour obtenir la réhabilitation intégrale de la mémoire de son père. Il serait trop long, dans le cadre de cette biographie, de relater, même succinctement, le chassé-croisé à Québec et à Rome des déclarations contradictoires des deux parties qui, même sur le point d'en arriver à un arrangement, s'achoppaient invariablement à cet obstacle insurmontable : le docteur Landry avait-il répété avec exactitude les propos du recteur Hamel sur la franc-maçonnerie ? Oui, soutenait Philippe Landry ; non, rétorquait avec véhémence Hamel. Même après la mort de ce dernier, survenue le 16 juillet 1913, Philippe Landry, devenu le président du sénat canadien, ne consentait pas à lâcher prise. En septembre 1915, il s'adressait à l'archevêque de Québec et chancelier de l'université Laval, le cardinal Louis-Nazaire Bégin, pour le prier de faire « rayer » des « annales du Conseil de l'université Laval » « la résolution d'expulsion », qui imprimait « une tache » à l'honneur paternel. En vain ! Le jour même du décès du sénateur Landry, le 20 décembre 1919, l'archiviste du séminaire de Québec, Mgr Amédée-Edmond Gosselin, ferma le dossier Landry-Hamel par cette note dépourvue certes de toute onction ecclésiastique : « L'affaire est finie et bien finie [...] L'honneur de l'université vaut l'honneur du Dr Landry, au moins. »

La vie active du docteur Landry s,inscrit dans le premier quart de siècle d'existence de l'université Laval. Elle en marqua les débuts héroïques et prometteurs, pour finalement s'enliser dans le maquis des luttes idéologiques, qui détournèrent trop de forces vives et d'intelligences d'élite d'un travail vraiment créateur. L'historien ne peut que contempler avec une infinie tristesse l'imbroglio de ces polémiques interminables et inexpiables qui stérilisèrent trop efficacement et pendant trop d'années le progrès scientifique au sein de la petite collectivité canadienne-française.

Source: Dictionnaire biographique du Canada en ligne - Philippe Sylvain 
Landry, Jean-Etienne (I4138)
 
1798 Au moins une personne vivante ou marquée privée est liée à cette note - Les détails ne sont donc pas publiés. En vie (I17273)
 
1799 Jean-Marie Madran (parfois prénommé Joseph), prêtre catholique, né le 13 février 1783 à Saint-Ours, Québec, fils de Jean-Baptiste Madran et de Josephte Gamarre ; décédé le 2 juin 1857 à Petit-Rocher, Nouveau-Brunswick.

Jean-Marie Madran appartenait à une famille pauvre de dix enfants, et son père mourut pendant son adolescence. On attira l’attention de l’abbé Pierre Fréchette, curé de Beloeil, sur cet enfant de choeur intelligent et pieux. Plus tard, Fréchette devait lui payer ses études au séminaire de Québec, du 29 septembre 1810 au 9 février 1813. Après son ordination, le 12 juin 1813 à Québec, Madran remplit les fonctions de vicaire à Saint-Pierre, dans l’île d’Orléans, en 1813–1814, et à la paroisse de la Sainte-Famille, à Cap-Santé, en 1814.

Madran connut de bons débuts dans ses premiers postes comme curé, mais il finissait par n’avoir plus qu’un seul désir : partir. Accompagné par l’une de ses soeurs, il arriva le 15 octobre 1814 dans la paroisse Saint-Jacques (à Saint-Jacques), au nord de Montréal [V. Jacques Degeay*], dont la population était en majorité acadienne. Il apaisa rapidement les querelles des diverses factions et convainquit ses paroissiens de terminer l’intérieur de l’église. Madran lui-même fit don de 3 000 afin de payer une partie des dépenses totales, qui avaient atteint environ 28 500 et auxquelles la paroisse, en pleine crise agricole, ne pouvait ou ne voulait pas faire face. En juillet 1818, il convertit une jeune protestante, Marie Brousse (Bruce), mais cela outragea tellement le père de la jeune fille et fit naître des rumeurs si scandaleuses que Madran demanda à Mgr Joseph-Octave Plessis* de le muter. De nombreux paroissiens continuèrent à lui manifester leur bonne volonté et, au cours d’une réunion, ils décidèrent par un vote de lui rembourser ses 3 000.

À l’été de 1819, Madran arriva, plein d’optimisme, aux îles de la Madeleine : Plessis tenait les insulaires pour des catholiques exemplaires. Mais, en septembre de cette année-là, Madran se plaignait que des étrangers avaient ébranlé la piété de la population. De plus, sa pauvreté l’obligea à demander, sans succès, qu’on ajoute à sa charge les paroisses de Margaree et de Chéticamp, dans l’île du Cap-Breton ; il dut aussi envisager la vente de dispenses. En 1821, les disputes entre les catholiques de Havre-Aubert et de Havre-aux- Maisons, pour savoir qui devait soutenir financièrement l’église paroissiale et la chapelle qu’ils partageaient, s’ajoutaient à la solitude et à la pauvreté pour réduire Madran au désespoir. Dans une lettre à l’évêque de Québec, Mgr Bernard-Claude Panet*, il décrivit cette période comme trois années de souffrances, et supplia qu’on lui donne un poste sur le continent.

Madran desservit ensuite un certain nombre de paroisses : Saint-Joachim, à Châteauguay, en 1822–1825 ; Saint-Patrice (à Rivière-du-Loup), en 1825–1830 ; Saint-Georges, à Saint- Georges-de-Cacouna, en 1830–1832 ; L’Assomption (à Berthier-sur-Mer), en 1832–1834 ; Saint-François (à Saint-François-Montmagny), en 1834–1835. Il devait trouver un foyer à Petit-Rocher, au Nouveau-Brunswick, où il arriva le 26 août 1835 ; il prit en charge les paroisses de Belledune et de Petit-Rocher, dans la baie Nepisiguit. Madran construisit une nouvelle église à Bathurst et termina la chapelle de Belledune. Malgré sa vie épuisante, il considérait ses paroissiens comme des gens pleins de bonne volonté et de piété, qui le respectaient. Durant son séjour à Petit-Rocher, Madran acheta plusieurs terrains et se construisit une maison.

Le 15 janvier 1837, Madran devint curé à Caraquet et s’occupa aussi de Tracadie. Mais la querelle des paroissiens, à propos d’un emplacement pour l’église, détruisit encore une fois son optimisme naissant. Vers 1839, il était de retour à Petit-Rocher. En 1848, il fit un séjour particulièrement bref à Shédiac. Trouvant l’église fermée à clef et les paroissiens hostiles, Madran revint rapidement à Petit-Rocher, sans avoir obtenu la permission de l’évêque du Nouveau-Brunswick, Mgr William DOLLARD. En juin 1849, Madran était malade et demandait à prendre sa retraite ou à desservir une paroisse beaucoup plus calme que celle de Petit- Rocher. Mgr Dollard repoussa sa requête et le renvoya à Shédiac et à Grande-Digue, où il exerça son ministère du 19 octobre 1849 au 4 novembre 1852. Durant toute cette période, les querelles de paroissiens peu disposés à payer la dîme le tracassèrent encore.

De 1853 à 1857, Madran occupa officiellement le poste de vicaire à Richibouctou (Richibucto), mais, en 1855, malade encore une fois, il était retourné à Petit-Rocher, où Marcel Burgo et sa fille, qui était institutrice, le soignèrent jusqu’à sa mort. En retour, ils héritèrent de la modeste succession de Madran, qui comprenait 140 acres de terrain, £300 en vaisselle d’argent et £60 en biens personnels. Le village de Madran, près de Petit-Rocher, fut nommé ainsi en son honneur.

Prêtre consciencieux, Jean-Marie Madran eut à coeur de se limiter strictement à ses devoirs spirituels. Il tenta d’éviter les fréquentes controverses auxquelles les autres prêtres des paroisses acadiennes se heurtaient en essayant de rétablir la domination que l’Église avait perdue depuis la Déportation. Sa vie offre un contraste intéressant avec celle de ses confrères canadiens, comme François-Xavier-Stanislas Lafrance et Antoine Gagnon, qui cherchèrent à jouer un rôle de direction plus important dans la société acadienne.

Sheila Andrew
Source:  Dictionnaire biographique du Canada

 
Madran, Jean-Marie Ptre (I21674)
 
1800 Jean-Paul Landry
(1925-2003)

GRANDE-ANSE - Au Centre hospitalier de l’Enfant-Jésus de Caraquet, le vendredi 3 janvier 2003, à l’âge de 77 ans, est décédé Jean-Paul Landry, domicilié à Grande-Anse. Il était fils de feu Adelard Landry et de feu Délia Thériault. Il laisse dans le deuil une soeur, Lorraine (Gérald W. Thériault) de Grande-Anse; deux frères: Alyre (Emilie Cormier) et Valmond (Gertrude Haché) tous deux de Grande-Anse; une belle-soeur, Thérèse Landry (feu Adelbert) de Grande-Anse; deux filleules: Nicole et Claire, ainsi que plusieurs neveux et nièces. Une soeur, Edwidge, ainsi que deux frères: Adelbert et Roméo, l’ont précédé dans la tombe. M. Landry était un Chevalier de Colomb, membre de l’Assemblée Mgr Paquet (4e degré) de Caraquet et du Conseil Rév. Donat Albert (3e degré) de Grande-Anse. La dépouille mortelle est présentement exposée au salon LeGresley de Grande-Anse. Les funérailles auront lieu en l’église Saint-Simon et Saint-Jude de Grande-Anse, le lundi 6 janvier, à 19h. L’inhumation se fera au cimetière paroissial, au printemps. Heures de visites: le lundi 6 janvier, 14h à 16h et de 17h30 à 18h30. À la demande de la famille, un don à la Société du cancer serait apprécié. La direction des funérailles a été confiée aux soins professionnels de la Maison funéraire LeGresley de Grande-Anse.

l'Acadie Nouvelle Caraquet, NB
Lundi, 6 janvier 2003 pg 26 
Landry, Jean-Paul (I16025)
 

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